Zimbabwe: des manifestations anti-Mugabe réprimées

La police zimbabwéenne dans les rues d'Harare, alors que des manifestatants anti-Mugabe défilent, le 17 septembre 2016.
© Jekesai Njikizana / AFP

Les leaders du mouvement de protestation anti-Mugabe avaient appelé les Zimbabwéens à manifester pour réclamer des réformes. Âgé de 92 ans, Robert Mugabe dirige le pays d'une main de fer depuis 36 années et brigue un nouveau mandat pour 2018. Depuis plusieurs semaines, alors que le pays traverse une grave crise économique, une vague de contestation se propage dans le pays mais les autorités avaient interdit les manifestations programmées ce samedi 17 septembre. En conséquence, les rassemblements ont été réprimés.

Ils ont bravé l'interdiction de manifester. Dans la capitale zimbabwéenne, Harare, les opposants au président Robert Mugabe ont rapidement fait face à un important déploiement de policiers.

Promise Mkwana est le porte-parole de Tajamuka, littéralement « Nous sommes agités », l'une des principales organisations anti-Mugabe.

« La police a utilisé la violence, elle a utilisé des gaz et des balles réelles pour tirer sur des citoyens qui n'avaient pas d'armes et qui étaient pacifiques. Les manifestants voulaient juste faire entendre leur mécontentement, contre les politiques du gouvernement, contre la corruption et contre l'échec tragique de la présidence de Robert Mugabe. »

Promise Mkwana insiste : les manifestants étaient dans leur droit. « Nous sommes très préoccupés par la défiance continue de la police vis-à-vis de la loi. Et la Constitution du pays, et les juges de la Haute cour de justice, sont très clairs en ce qui concerne le droit à manifester pacifiquement. Or il est très clair que nos manifestations sont tout à fait pacifiques. Et les policiers n'ont pas le droit d'interdire ni de stopper ces manifestations. »

Le mouvement Tajamuka ne compte pas s’arrêter là, soutient son porte-parole. « Ces manifestations continueront ! Jusqu'à ce que le président Mugabe cède sur les points les plus importants : cela veut dire une réforme électorale, une réforme économique, et une réforme politique. Cela implique aussi qu'il se conforme à la nouvelle Constitution. »

Selon plusieurs sources au sein de l'opposition, une centaine de manifestants aurait été arrêtée à travers le pays, où d'autres rassemblements étaient organisés. Le mouvement anti-Mugabe, qui réclame depuis plusieurs semaines des réformes économiques et politiques, dénonce une répression illégale et promet de nouvelles manifestations.

A (RE)ECOUTER → Zimbabwe : Mugabe peut-il résister à la contestation ?
 

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