Présidentielle au Gabon: l’opposition sceptique avant une semaine déterminante

Lecture de la déclaration de l'opposition au domicile de Jean Ping, jeudi 15 septembre 2016.
© RFI/Richard Riffonneau

L'opposition gabonaise sceptique, à propos de la mission d'observation que l'Union africaine promet d'envoyer. Des experts, des juristes, seraient chargés, selon l'Union africaine, de conseiller la Cour constitutionnelle gabonaise qui a jusqu'au 23 septembre pour trancher le contentieux électoral.

Dimanche matin sur RFI, le ministre gabonais des Affaires étrangères assurait que ces experts étaient les bienvenus, mais que les contours de leur mission étaient encore en discussion. On ne sait pas, par exemple, s'ils pourront assister aux délibérations finales.

Pour l'opposant Guy Nzouba-Ndama, ancien président de l'Assemblée nationale rallié à la candidature de Jean Ping, tout cela est trop flou et arrive bien trop tard. Il craint qu'il ne s'agisse que d'une « manœuvre dilatoire » : « Ça aurait été une excellente idée si celle-ci était apparue un peu plus tôt. Ce que je crains, c’est une manœuvre dilatoire pour montrer que finalement c’est trop tard, nous sommes le 19 aujourd’hui, il reste quatre jours. La date butoir c’est le 23 ».

Et pour Guy Nzouba Ndama, le ministre des Affaires étrangères n’a offert aucune garantie : « Il n’offre aucune garantie puisqu’il dit que maintenant les discussions sont engagées entre la Cour constitutionnelle et l’Union africaine. Je pense que dès lors que nous sommes membres de l’Union africaine, on a ratifié un certain nombre de conventions. Lorsqu’on est dans une situation de crise, on doit saisir toutes les opportunités pour pouvoir trouver une issue. Et là, je pense, l’Union africaine a trouvé la solution idoine. C’est dommage que l’on nous retarde encore avec des notions de souveraineté nationale qui ne sont que des manœuvres dilatoires ».

L’interview qui dérange

Et ce n’est pas le seul grief de l’opposition. Les partisans du candidat Jean Ping n'ont pas apprécié l'interview qu'a donnée la présidente de la Cour constitutionnelle à l'hebdomadaire Jeune Afrique. Marie-Madeleine Mborantsuo rejette les critiques de « partialité » de la Cour faites par les opposants gabonais et fait remarquer, dans cette interview, que les relations qu'elle a pu entretenir avec le président Omar Bongo sont les mêmes que celles qu'ont connues les opposants actuels avec l'ancien président ou la famille Bongo.

Suite à ces déclarations, Casimir Oyé Mba, l'un des grands soutiens de Jean Ping, a convoqué une conférence de presse à Libreville, pour dénoncer cette interview : « Tous les Gabonais sont suspendus aux lèvres de madame Mborantsuo. Et c’est précisément à ce moment-là qu’elle fait ces déclarations. Pour le moins, c’est mal venu du point de vue du timing. Maintenant, sur le fond... qu’est-ce qu’elle dit ? Elle prend fait et cause pour monsieur Ali Bongo, elle répète les arguments de monsieur Ali Bongo. Ça veut dire donc qu’elle prend parti. Non, nous ne trouvons pas ça normal ».

La situation reste donc tendue à quelques jours de la décision de la Cour constitutionnelle. Et dans le pays, le climat est à l’incertitude.

A Lambaréné, la mairie du 2e arrondissement a également été incendiée.

Climat d'incertitude à Lambaréné
19-09-2016 - Par Carine Frenk

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