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RDC

RDC: au Sud Kivu, le ras-le-bol face à l'insécurité provoque des émeutes

Une route non loin de Fizi, dans le Sud-Kivu, en RDC. (photo d'illustration)
© AFP PHOTO/FEDERICO SCOPPA

En République démocratique du Congo, ces derniers jours, les populations de deux localités du Sud Kivu, Misisi et Kavumu sont descendues dans la rue. En cause, le ras-le-bol face à la multiplication des actes criminels. La population s'en est prise aux institutions de l'Etat et notamment aux services de sécurité.

Kavumu

Des affrontements ont opposé la population et la police à Kavumu tôt dimanche matin. Exacerbée par l’insécurité permanente dans cette cité située à 35 kilomètres de Bukavu, la population s’est livrée à la justice populaire en brûlant un homme présumé voleur et qui était détenu dans le cachot de la police. Bilan, deux morts : le voleur présumé et un jeune homme de treize ans blessé par balle, lors de l’intervention de l’armée. Le commissariat ainsi que le parquet de Kavumu ont été incendiés.

Il a été brûlé vif tôt ce matin après avoir été arraché des mains de la police. Isaac est ainsi l’un des nombreux criminels présumés à subir la justice populaire à Kavumu. Ce dimanche, la population s’en est également prise à la police ; la police qui est accusée de complicité dans l’insécurité qui sévit dans cette cité depuis plusieurs mois.

29 assassinats, plus de 20 établissements publics et privés pillés parmi lesquels des hôpitaux, environ 300 maisons des particuliers visitées… Tout cela, en l’espace de trois mois. Et la population attribue, en grande partie, ces actes de banditisme aux anciens détenus de la prison de Bukavu.

Cette même population se plaint aussi du laxisme des autorités judiciaires qui, explique Me Ephraïm Irigi, distribuent à tour de bras la libération sous caution à des criminels. « Plusieurs fois, nous avons attiré l’attention de l’autorité provinciale, mais notre voix n’a pas été entendue », ajoute cet animateur de la société civile du Sud Kivu.

Misisi

Deux morts, plus 5 personnes blessées par balles. C'est le bilan tragique des évènements qui ont touché ce week-end la cité de Misisi, à Fizi, dans la province du Sud-Kivu. La population locale avait décrété une grève et est descendue dans la rue pour dénoncer l'insécurité qui s'est installée de façon durable à Misisi. Le bureau de la police et les cachots de l'ANR ont été particulièrement ciblés. Et c'est dans cette effervescence que plusieurs détenus ont pris la clef des champs.

Le marché central et des étalages de certains commerces, eux, ont été incendiés. Ci et là, tout autour de Misisi, des barricades ont été dressées par des manifestants. La police, puis l'armée sont intervenues pour essayer de mettre de l'ordre. Des balles ont crépité pour disperser la foule et empêcher tout débordement.

Un moment, la circulation a été totalement interrompue. Les autorités de Fizi ont appelé au calme et à la retenue. Joint au téléphone par RFI, le gouverneur de la province du Sud Kivu a déploré cette situation. En effet, selon Marcellin Chissambo, l'insécurité à Misisi est le fait des conflits d'intérêt qui opposent les différents clans qui opèrent dans les mines d'or. Et parmi eux figurent des membres des groupes armés.
 

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