Mauritanie: onze personnes inculpées pour appartenance à un groupe terroriste

Les onze individus inculpés sont accusés d'avoir distribué une lettre demandant la libération de prisonniers salafistes et l'application de la charia dans leur entourage et à la sortie des mosquées.
© © Laura Martel/RFI

En Mauritanie, onze personnes ont été déférées mercredi 21 septembre devant un juge d'instruction qui les a inculpés d'appartenance à un groupe terroriste et préparation de crimes terroristes. Ces individus avaient été arrêtés juste avant le sommet de la Ligue arabe qui s'est tenu à Nouakchott le 24 juillet dernier.

Selon les avocats de plusieurs prévenus, l'accusation repose essentiellement sur une lettre non signée adressée au président de la République et d'autres personnalités de l'Etat. Les auteurs y réclament la libération de détenus salafistes emprisonnés dans le pays et l'application de la charia, faute de quoi ils menacent de faire allégeance à l'organisation Etat islamique et de mener des actions contre l'Etat.

Les onze individus sont accusés d'avoir rédigé et distribué cette lettre dans leur entourage et à la sortie des mosquées. D'après la défense, le groupe serait dirigé par Ahmed Kori, un professeur d'école coranique, et composé pour moitié d'imams de petites mosquées des quartiers défavorisés de la capitale et pour moitié de travailleurs pauvres. « Il y a parmi eux des gens qui peuvent être vraiment dangereux, les autres sont peu éduqués et faciles à manipuler », confie l'un des avocats.

Devant le juge d'instruction, Ahmed Kori aurait reconnu animer des groupes de paroles sur l'islam et prôner l'application de la charia, en tant que membre de la Dawa, un mouvement de prosélytisme religieux.

Lui et ses coaccusés ont en revanche nié toute visée terroriste et tout lien avec la lettre et affirmé que les aveux contenus dans les procès-verbaux de la police ont été extorqués sous la torture. Des mauvais traitements dénoncés par leurs avocats, tout comme le maintien au secret du groupe depuis son arrestation fin juillet jusqu'à sa comparution mercredi.

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