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RDC

[Reportages] Les âmes blessées de l’Ituri

De nombreux axes sont difficilement praticables dans l’Ituri, province du nord-est de la République démocratique du Congo.
© RFI/Habibou Bangré

En Ituri, dans l’extrême Nord-Est de la République démocratique du Congo, de nombreuses femmes ont vu une longue histoire de conflits et de pauvreté se retourner contre elles. L’instabilité de la région s’accompagne souvent de viols, tandis que l’exploitation des richesses minières favorise la prostitution. L’une des correspondantes de RFI est allée à la rencontre de celles qui sont au cœur de cette tourmente. Voici l’intégralité de ses reportages.

En bordure de route, par endroits, des dizaines d’arbres gisent sur la terre rouge, prêts à être transformés en bois de chauffe. Ailleurs, on s’enfouit dans une épaisse couverture touffue, verte. Le repère idéal pour les hommes armés illégaux de cette région : braconniers, miliciens, rebelles. Au début des années 2000, l’Ituri a été endeuillé par des conflits meurtriers interethniques et liés aux ressources minières. Aujourd’hui, l’instabilité perdure malgré la présence de l’armée et de la Mission de l’ONU (Monusco), l’une des plus importantes au monde avec 20 000 hommes.

A (ré)écouter : la route de l'enfer

Les porteurs d’armes illégaux sillonnent encore la région et laissent dans leur sillage de nombreuses violences sexuelles. De plus en plus, des civils figurent aussi parmi les agresseurs. Au point qu’en février, l’ONG Médecins sans frontières a estimé nécessaire d’ouvrir un programme de prise en charge médicale et psychologique. Pour soigner les maux du corps et tenter de désamorcer les cauchemars, la dépression ou les idées suicidaires – des symptômes qui peuvent s’aggraver quand la victime tombe enceinte : l’enfant rappelle l’agression, et certaines mères se montrent agressives avec lui, voire violentes.

A (ré)écouter : vivre avec un enfant né du viol

A cette détresse des habitants de l’Ituri est venu s’ajouter celle des civils tout juste arrivés de la province voisine du Nord-Kivu. Des déplacés qui fuient les « égorgeurs de Beni ». Plus de 600 personnes ont été massacrées depuis octobre 2014. Ces déplacés vivent pour beaucoup dans des familles d’accueil démunies.

A (ré)écouter : Béni, déplacés de Biakato

Alors que l’aide humanitaire manque, des femmes recourent à la prostitution. Parfois mineures, elles travaillent dans des maisons closes appelées « maisons de tolérance » ou « QG », et qui vendent de l’alcool et parfois du chanvre. Souvent, la moitié des revenus échoue dans la poche de la propriétaire du QG, où les filles ne se protègent pas toujours – par manque d’argent, notamment.

A (ré)écouter : maisons closes

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