Mali: Kidal, coeur du conflit

Difficile d'apaiser les tensions à Kidal entre partisans de la CMA et du Gatia
© RFI/David Baché

Au Mali, la tension reste vive dans les environs de Kidal entre les combattants de la Plateforme et ceux de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA). La médiation internationale menace de sanctionner les belligérants et les responsables des exactions. Du côté de la Plateforme, on affirme qu'il n'est pas question de nuire aux civils, mais bien de les protéger.

Entrer dans Kidal, voilà l'objectif clairement affiché par la Plateforme, composée notamment des Touaregs du Groupe d'autodéfense touareg des Imerades et alliés (Gatia). Pour « protéger les populations Imerades des exactions », précise le porte-parole de la Plateforme, Habala Ag Amazata. « L’objectif pour nous aujourd’hui, c’est d’être à l’intérieur de la ville de Kidal. Et aujourd’hui, nos populations sont chassées de leur maison. Je fais référence aux populations des Imerades, la communauté imerade, aujourd’hui qu’on est en train d’exterminer partout. On est obligés de pouvoir protéger les populations de la communauté imerade », explique-t-il.

Pour désamorcer le conflit qui ne cesse de prendre de l'ampleur dans la région de Kidal, la Plateforme se dit même prête à accepter un cantonnement forcé. « Pourquoi ne pas, aujourd’hui, déplacer ces forces armées d’un mouvement pour les cantonner et pour ramener les populations à l’intérieur de la ville de Kidal ? Nous, du côté de la Plateforme, nous sommes disposés, nous sommes d’accord aujourd’hui à aller vers les cantonnements si la CMA est prête à aller vers les cantonnements », poursuit-il.

La Plateforme veut également réaffirmer que « le Gatia n'est pas une milice de l'Etat ». Une référence explicite au message attribué au général El Hadj Ag Gamou et diffusé avant-hier, jeudi 22 septembre, sur les réseaux sociaux. Dans ce message, il revendiquait la collusion entre l'armée officielle du Mali et le groupe armé, Gatia.

Incertitude sur l'authenticité du message d'El Hadj Ag Gamou

El Hadj Ag Gamou, c'est d'abord un général de l'armée malienne. Dernier gradé touareg à être resté fidèle aux forces nationales, il est l'ennemi juré des ex-rebelles indépendantistes du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Dans le message publié sur le compte Facebook du Gatia, le Général Ag Gamou reconnaît ouvertement, et même fièrement, son appartenance à ce groupe armé, membre de la Plateforme pro-Bamako, signataire de l'accord de paix. Un groupe essentiellement composé de Touaregs Imerades, la communauté du général Ag Gamou, dont il est un représentant.

Jusqu'à présent, les autorités maliennes ont toujours nié toute collusion entre les forces nationales et les groupes armés du Nord. Quelles pourraient être les implications de ce lien dans la mise en œuvre de l'accord de paix ? « Il est trop tôt pour réagir à chaud. Nous avons vu effectivement ces déclarations sur les réseaux sociaux, et nous en prenons note. Pour la Minusma, une solution militaire n’est pas une solution durable. Il faut laisser de l’espace au dialogue », répond prudemment, Olivier Salgado, porte-parole de la Minusma.

Des contacts ont été pris entre la médiation internationale et les autorités pour tirer les choses au clair. Le Gatia assure désormais que le message du général Ag Gamou est un faux. Un proche du général, lui-même membre du Gatia, affirme croire que le général Ag Gamou en est bel et bien l'auteur, et ne s'étonne en rien du contenu de ce message. Quant au général Ag Gamou lui-même, il est jusqu'à présent demeuré injoignable.

Les groupes terroristes demeurent présents

En outre, cette région de Kidal demeure également l'un des repaires des groupes terroristes comme al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou leurs alliés d’Al-Mourabitoune. C'est dans ce contexte et dans ce secteur que la Mission des Nations unies dans le pays, la Minusma, annonce avoir découvert une importante cache d'armes.

« On a affaire à des lance-roquettes, des munitions de gros calibre (107 et 122 mm), des obus et divers projectiles explosifs. Ce sont les mêmes types de projectiles utilisés lors d’attaques précédentes, conduites depuis 2013 dans le nord du Mali. Ce sont des armes qui ont vocation à être employées sur des cibles larges », indique le porte-parole de la Minusma.

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