Réélection d'Ali Bongo: le changement de ton de la France entre 2009 et 2016

Le président gabonais, Ali Bongo, a rendu une visite éclair à son homologue français, François Hollande, le 14 septembre 2015.
© AFP PHOTO / POOL / ERIC FEFERBERG

La France constate que « l'examen des recours n'a pas permis de lever tous les doutes », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault, suite à la réélection du président sortant Ali Bongo. C’est dans la nuit du 24 septembre que la Cour constitutionnelle du Gabon a proclamé les résultats définitifs. « Nous déplorons que le quai d'Orsay se soit déporté à Bruxelles », a répondu Libreville. 2016 n'est pas 2009. En 2009, en effet, Paris s'était félicité de l'élection d'Ali Bongo.

Quelques mois avant la mort d'el hadj Omar Bongo, Ali Bongo est reçu à l'Elysée. Nous sommes en 2008. Poignée de main chaleureuse entre le Gabonais et Nicolas Sarkozy. La photo fait le tour du Gabon.

En 2009, Paris se félicite de la victoire d'Ali Bongo. Pour l'opposition, Paris a imposé son candidat. Le consulat de France est incendié ; des stations-service de Total sont pillées. C'est encore l'époque du village franco-gabonais. L'ombre d'Omar Bongo plane, le « vieux » qui sera passé avec adresse du pompidolisme jusqu'au sarkozysme. Les présidents français font alors le voyage à Libreville.

François Hollande n'est pas allé au Gabon et c’est le premier président français à ne pas faire le déplacement pendant son mandat, depuis Charles de Gaulle. Hollande maintient les intérêts français au Gabon mais le socialiste se méfie de la Françafrique. « Il se sent mal dans le marigot, dit un observateur, il préfère que le sale boulot soit fait par d'autres ». Le dossier des biens mal acquis conforte Hollande dans sa position, mais au Gabon, l'histoire n'est pas figée. Et puis, Ali n'est pas Omar. Ali, lui, est bien moins francophile et tend la main aux capitales asiatiques.

Cette fois, Paris n'a pas applaudi. La France a émis des doutes sur les résultats du 27 août. Ali Bongo a répliqué en déclarant que « l'ingérence n'est pas une bonne chose ». Changement de ton, changement d’époque. D'aucuns parlent de crise de confiance. La preuve ? Cette petite phrase d’Alain Claude Bilie By Nze, il évoque la présence française à l'investiture : « Qu'ils viennent ou pas, ça ne change rien puisque la France n'a plus de diplomatie. C'est Bruxelles qui donne le la ». Une référence du porte-parole de la présidence en référence au communiqué sévère des observateurs de l'Union européenne après la validation des résultats par la Cour constitutionnelle.

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