Madagascar: une société minière chinoise crée la polémique à Soamahamanina

Jiuxing Mines a obtenu une autorisation d'exploitation pour chercher de l'or, argent, fer, plomb, zinc et béryllium pour une durée de 40 ans, sur les terres de la commune de Soamahamanina.
© AFP PHOTO/Roberto SCHMIDT

A Madagascar, la contestation enfle dans l'affaire Soamahamanina, du nom d’un village à 70 km de la capitale, où une société chinoise a été autorisée, il y a un an, à chercher des métaux pour une durée de 40 ans. Mais la présence de cette société provoque la colère d'une partie de la population qui réclame son départ depuis plusieurs mois. Les habitants lui ont même fixé un ultimatum en lui donnant jusqu'à jeudi dernier pour quitter les lieux. Ils ont manifesté, soutenus par des membres de l'opposition. Deux des leaders de la contestation ont été arrêtés.

Dans cette affaire de mine aurifère de Soamahamanina, le Premier ministre le concède : « les Chinois n'ont pas suffisamment dialogué avec la population locale. »

Néanmoins, derrière ce qu'il appelle une « haine antichinois », Olivier Mahafaly, dénonce une contestation instrumentalisée par l'opposition. « C’est quoi la faute de ces Chinois ? Je ne vois pas,  Ils sont là justement pour aider Madagascar, nous ne pouvons pas nous targuer d’être autosuffisants. On a besoin des investissements étrangers. L’opposition fait tout pour perturber l’ordre et la sécurité publique. Cela ne veut pas dire pour autant que nous allons systématiquement utiliser la répression, non, mais c’est juste pour rétablir l’ordre et la sécurité publique ».

Mais pour Cynthia, habitante du village, l'opposition n'a rien à faire là-dedans. Elle, ce qui la dérange, c'est l'air vicié, l'eau boueuse et les terres agricoles détruites. « Depuis que les Chinois sont arrivés, nous ne reconnaissons plus la terre que nous avons connue. Ils nous ont promis des écoles, des hôpitaux, mais nous n'avons pas accepté, car nous n'échangeons pas nos terres contre des choses comme ça », dit-elle.

D'après l'épouse de Pierre Robson, l'un des deux leaders de la contestation, une nouvelle manifestation est prévue jeudi prochain pour, dit-elle « défendre la patrie et réclamer la libération des deux détenus ». Déférés vendredi dernier devant le parquet de la capitale, leur procès pourrait avoir lieu cette semaine.

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