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Sénégal

Sénégal: quatorze ans de traumatismes après le naufrage du Joola

Monument commémorant le naufrage du Joola, à Ziguinchor au Sénégal, le 22 septembre 2002.
© CC/Wikipedia Commons

Au Sénégal, le 26 septembre 2002 est une date tragique pour le Sénégal. Il y a 14 ans, en pleine nuit, le ferry Le Joola se retournait au large de la Gambie. Le navire pouvait légalement accueillir 550 passagers ; plus de 2 000 étaient à bord. Officiellement, 1 863 personnes sont mortes dans cette catastrophe. Si les familles des victimes et les rescapés ont été indemnisées, elles attendent toujours de connaitre la vérité sur ce drame et que le navire soit renfloué. Quatorze ans après, une cérémonie d'hommage s’est tenue, ce lundi 26 septembre, à Dakar.

« Je voudrais juste une minute de silence à la mémoire des disparus du Joola ».

C'est symbolique, cette simple gerbe de fleurs posée au centre de la place du souvenir, place située devant l’océan atlantique. Pour les victimes, les anniversaires se succèdent et se ressemblent.

Léandre, 51 ans, se souvient des cris et attend toujours le renflouement du Joola.

« Je me souviens des cris des enfants qui appelaient leurs parents à l’aide ; des parents qui appelaient l’aide de Dieu. Si le renflouement du bateau avait été fait, je pense que cela aurait atténué ma douleur », dit-il.

Malang Badji, vice-président de l’association des rescapés, a réussi, lors de cette terrible nuit, à monter sur la coque retournée du Joola alors qu’à l’intérieur certains, bloqués, étaient encore en vie.

« Il tapait. Il prenait son couteau. C’était devant moi. Il tapait sur la coque et les gens lui répondaient », affirme-t-il.

Nassardine Aidara se bat depuis des années pour que cette journée du 26 septembre devienne une journée du souvenir au Sénégal. Pour lui, quatorze ans après le naufrage, rien n’a évolué.

« Quatorze ans après, nous attendons toujours que justice soit faite ; que le bateau soit renfloué ; que la prise en charge des orphelins du Joola soit effective pour tout le monde et faire, en fait, de la journée du 26 septembre, une journée nationale du souvenir », espère-t-il.

Les rescapés ainsi que les familles des victimes ont regretté, cette année, une absence lors de cette cérémonie d’hommage, celle des autorités.

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