Republier
Guinée

Massacre du 28-Septembre en Guinée: ce que disent les archives de RFI

Arrestation d'un manifestant en marge du rassemblement organisé au stade de Conakry, le 28 septembre 2009.
© AFP/Seyllou

Il y a sept ans, jour pour jour, différents corps des forces de défense et de sécurité guinéennes réprimaient dans le sang un rassemblement pacifique dans le stade du 28 septembre à Conakry. Dès le 28 et dans les jours qui ont suivi, RFI a témoigné de ce qui s’est passé. De nombreux témoignages d’hommes politiques et d’anonymes ont été rassemblés par nos équipes. Radio France Internationale a également pu recueillir le témoignage d’un béret rouge qui a participé au massacre et la version du chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Trois semaines après les faits, ces enregistrements étaient mis en ligne sur le site internet de la radio dans une archive sonore en trois volets que nous vous proposons de redécouvrir.

Matinée du 28 septembre : un chemin difficile vers le stade

Ce 28 septembre, jour anniversaire du référendum par lequel la Guinée a dit Non à De Gaulle en 1958, des dizaines de milliers de personnes marchent vers le stade du même nom à l’appel de l’opposition. Les opposants veulent exprimer leur refus de la probable candidature de Moussa Dadis Camara, le chef de la junte, à la présidentielle. Les sympathisants de l’opposition sont bientôt bloqués par les forces de sécurité.

Des manifestants sont tués par balles. Les marcheurs, en colère, incendient un commissariat dans le quartier de Bellevue, un autre devant le stade. La foule parvient à envahir le stade en milieu de matinée. Etrangement, il règne encore une atmosphère de fête. Les sympathisants de l’opposition prient, chantent et dansent.  

Cliquez ici pour retrouver nos archives sonores sur cette matinée
 

La police guinéenne arrête un manifestant le 28 septembre 2009 devant le stade de Conakry. © AFP

28 septembre, mi-journée : la descente vers l’enfer

A la mi-journée, des gaz lacrymogènes sont tirés de derrière la tribune. Des bérets rouges entrent dans le stade, de même que des civils munis d’armes blanches. Les forces de défense et de sécurité tirent en rafale sur la foule, poignardent certains sympathisants de l’opposition, en frappent d’autres violemment. Des viols et des violences sexuelles sont commis. Des personnes sont piétinées dans la cohue. D’autres sont électrocutées par des fils sectionnés alors qu’elles tentent de s’enfuir. Argent, bijoux, téléphones, chaussures sont volés par les hommes en uniforme. Les leaders politiques qui sont dans la tribune sont agressés.

Cliquez ici pour retrouver nos archives sonores sur les violences commises dans le stade
 

La police guinéenne a violemment dispersé les manifestants à Conakry le 28 septembre 2009. © AFP

 
Après-midi du 28 septembre : soigner les coups, cacher les corps

Les leaders politiques qui ont été blessés sont conduits dans une première clinique, où l’entrée leur est interdite, puis dans une seconde. Au stade, des camions militaires chargent les cadavres et les emmènent vers les camps de l’armée ou vers les morgues des hôpitaux. Certains corps seront transportés une nouvelle fois vers des fosses communes pour être cachés. A partir du milieu d’après-midi, les bérets rouges interdisent tout accès au stade et refoulent les proches des disparus qui tentent d’y entrer.  

Cliquez ici pour retrouver nos archives sonores sur les suites du massacre

 

Pour en savoir plus :

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.