La légalisation du commerce des cornes de rhinocéros en débat à Johannesburg

Avec l'explosion du braconnage de rhinocéros, les éleveurs peinent à protéger leurs animaux.
© REUTERS/Siphiwe Sibeko/Files

En Afrique du Sud, la 17e conférence des parties (Cop17) de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées (Cites) s'est ouverte samedi 24 septembre à Johannesburg : 182 pays discutent du statut et du commerce de près de 500 espèces en danger. Parmi les points chauds de ce débat, la question de la légalisation du commerce des cornes de rhinocéros qui est interdit depuis 1977 par la Cites. Sur le marché noir, la corne de rhinocéros se négocie à 60 000 euros le kilo. C'est le Swaziland qui a mis la question brûlante sur la table, en proposant de légaliser le commerce des cornes de « ses » rhinocéros, une petite centaine dans le pays. Un projet sensible qui a déjà été discuté au sein de la SADC, et que soutiennent les propriétaires privés de rhinocéros en Afrique du Sud. RFI a rencontré le président de leur association en marge du sommet.

En Afrique du Sud, quelque 6 200 rhinocéros sont parqués dans 330 fermes privées, discrètes et ultra-sécurisées, soit un tiers de la population totale des animaux du pays. Mais avec l'explosion du braconnage, les éleveurs peinent à protéger leurs animaux. « Ce qui est triste, explique Pelham Jones, président de l'Association des propriétaires privés de rhinocéros, c'est qu'avant il y avait près de 400 fermes de rhinocéros en Afrique du Sud, mais avec l'explosion du braconnage, notre stock de rhinocéros a chuté et les réserves privées ont de plus en plus de mal à faire face au coût de la sécurité de leurs rhinocéros. »

Le secteur privé débourse 18,5 millions d'euros par an pour protéger ses cheptels. Beaucoup d'éleveurs privés optent donc pour le décornage préventif de leurs rhinocéros. Ils essaient maintenant de convaincre le gouvernement de légaliser le commerce de ces cornes. « Le commerce de la corne est la solution, poursuit Pelham Jones. Simplement parce que cela enlève la pression sur nos animaux. Nous n'avons pas créé la demande pour les cornes de rhinocéros. Nous ne voulons pas la stimuler, nous ne voulons pas l'encourager. L'interdiction de la Cites n'a pas marché. Elle n'a pas permis de sauver la vie d'un seul rhinocéros. Au contraire, ça a créé un énorme réseau de crime organisé. Depuis que l'interdiction est en place, plus de 100 000 rhinocéros ont été braconnés. Quelque 23 pays africains ont perdu tous leurs rhinocéros. Et parmi les pays qui ont toujours des rhinocéros, six ont une population de moins de 100 animaux. »

Le sujet sera discuté à la Cites ces prochains jours, mais les associations de défense de la nature craignent que la légalisation ne fasse qu'encourager la demande et la marchandisation de la nature.

Les propriétaires privés de rhinocéros espèrent aujourd'hui que l'interdiction du commerce de corne de rhinocéros sera levée au moins au niveau national. En mai 2016, la justice sud-africaine a levé l'interdiction, mais l'arrêt a été suspendu à son tour au mois de juin après un recours du gouvernement devant la Cour constitutionnelle.

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