Nigeria: l’Etat de Borno en urgence humanitaire

Les déplacés de Maiduguri ont déjà organisé des manifestations pour réclamer davantage de distributions alimentaires (photo d'illustration, un camp de déplacés à Maiduguri).
© OCHA/Jaspreet Kindra

Médecins sans frontières (MSF) alerte au sujet du Nigeria. L’organisation humanitaire affirme que plus de deux millions et demi de déplacés vivent à Maiduguri, dont une bonne moitié s'est déplacée dans l'Etat de Borno. Des chiffres qui alertent sur un besoin urgent d'aide alimentaire dans les régions les plus reculées de l'Etat de Borno, mais également dans la capitale de cet Etat, Maiduguri.

Pour MSF, la situation humanitaire est tout simplement « catastrophique », notamment en terme de malnutrition, dans les zones les plus reculées, mais également à Maiduguri, capitale de l'Etat de Borno.

« Suite à l’ouverture de certaines zones, explique Laurent Suri, responsable des urgences à MSF-France, l’augmentation des nouvelles arrivées sur Maiduguri est similaire voire pire que dans les zones qu’on dit enclavées – l’accès à Maiduguri est plutôt simple. Déployer des opérations de secours à Maiduguri est faisable, la situation est cependant comparable, en termes de malnutrition aigüe et de taux de mortalité, en tout cas c’est ce qu’on voit dans les camps. »

Depuis trois mois, les autorités nigérianes ont déclaré une situation d'urgence nutritionnelle à Maiduguri. Pour autant, les équipes de MSF déplorent n'avoir constaté aucune augmentation de l'aide sur le terrain, mais plutôt une volonté d'inciter les déplacés à rentrer chez eux.

« Il y a des retours qui sont organisés dans l’Etat de Borno, poursuit Laurent Suri : des déplacés qui retournent dans leurs villages d’origine. Ce qu’on a vu nous, à Maiduguri, c’est qu’il y en avait quand même pas mal qui revenaient sur Maiduguri. Parce que la situation n’est pas forcément stable ou qu’en terme d’accès en alimentation, en soin, à l’eau, ces retours sont un peu précipités et les gens reviennent sur Maiduguri. »

Les zones enclavées manquent de tout

Ponctuellement, les équipes de MSF présentes à Maiduguri parviennent à se rendre dans des zones plus enclavées, le long de la frontière avec le Cameroun : Bama, Ngala, Gambaru, où tentent de survivre des déplacés qui ont fui la violence de Boko Haram, et les combats livrés au groupe terroriste par l'armée nigériane. « Plus de 20 % d’enfants sont des mal nourris sévères, il y a peu d’accès à la nourriture, peu d’offre de soins, et des taux de mortalité rétrospective calculés approximativement qui sont bien au-delà des seuils d’alerte. Donc, la population estimée dans ces zones enclavées est entre 500 000 et 800 000 personnes qui sont dans des situations très difficiles », raconte le responsable de MSF.

Les déplacés de Maiduguri ont déjà organisé des manifestations pour réclamer davantage de distributions alimentaires. MSF, qui estime que les capacités de l'Etat nigérian, des agences onusiennes et des ONG sont dépassées, demande une augmentation urgente et massive de l'aide. Une aide alimentaire insuffisante et d'autant plus urgente que les déplacés de l'Etat de Borno n'ont plus la possibilité de cultiver leurs terres.

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