RCA : les trois principales ONG suspendent leur aide humanitaire à Kaga-Bandoro

Une famille de déplacés cuisinent dans la cour d'une église catholique de Bouca, au sud de Kabo, où ils ont trouvé refuge après une incursion de rebelles de l'ex-Seleka, le 26 avril 2014.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

En République centrafricaine (RCA), les plus grandes ONG internationales ont décidé de quitter la localité de Kaga-Bandoro. L'annonce des trois organisations non gouvernementales - International Rescue Committee (IRC), Intersos et Solidarité - fait suite à une série d'agressions dont elles ont été la cible, ces derniers jours. Au total, une quinzaine d'humanitaires ont été agressés. Depuis le 14 septembre, et le démantèlement, par la Minusca, des barrières-péages-rackets des groupes armés, les dures tensions entre ex-Seleka et anti-Balaka font, des humanitaires, les cibles des pillages et des braquages.

« Il y a eu à nouveau incursion dans nos locaux, c’est-à-dire dans nos bureaux et - j’appelle cela des cambriolages - dans les maisons de nos employés », a déclaré, à RFI, Kathy Kabeya.

Kathy Kabeya est le directeur de l'organisation Intersos, une des trois ONG victimes d'agressions d'hommes armés.

« Dans la nuit du 26 nous avons encore été encore été victimes et là, il y a eu un braquage avec violence. Nos humanitaires ont été battus jusqu’à ce qu’ils se soient retrouvés dans des hôpitaux », a-t-il ajouté.

Les trois ONG se sont donc concertées et ont pris la décision.

Une « mission sacrée »

« La décision que nous avons prise a été de suspendre nos interventions, temporairement, en attendant que la situation soit bien appréhendée par nous-mêmes et qu’il y ait quand même des conditions préalables pour que l’accès humanitaire soit de nouveau rétabli », a conclu le directeur de l'ONG Intersos.

Ce départ temporaire qui implique une centaine de personnels humanitaires inquiète aussi les autorités locales dont le préfet de Nana-Gribizi, Gaston Yendemo.

« Je demande à tous les humanitaires, malgré la situation qui prévaut, de ne pas partir, de rester toujours aux côtés de la population parce que la mission qu’ils font, c’est une mission sacrée pour assister la population », a appelé le préfet de Nana-Gribizi.

Une fois de plus, la Minusca – mission onusienne en Centrafrique - promet de renforcer sa présence dans la région et ainsi de sécuriser la zone.

En attendant, l'éloignement de ces ONG priverait plus de 120 000 personnes d'aide humanitaire d'urgence.
 

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