Zimbabwe: la pénurie de liquidités s’aggrave

Les files d'attente devant les banques à cause de la pénurie de liquidités, à Harare, le 15 septembre 2016.
© REUTERS/Philimon Bulawayo

Depuis le mois de mai, la banque centrale du Zimbabwe n'a presque plus de dollars dans ses caisses. Depuis 2009, le pays ne dispose plus de monnaie nationale. On y commerce en euro, en rand sud-africain, en yuan chinois ou en dollars américains, la monnaie la plus utilisée. Avec la chute des cours de matières premières et la sécheresse, les exportations ont dégringolé, réduisant l'entrée dans le pays de liquidités étrangères. Aujourd'hui, les billets verts sont introuvables et les conséquences sociales sont dramatiques puisque les Zimbabwéens paient en liquide la plupart de leurs transactions. Alors, pour récupérer une poignée de dollars, un véritable système D s'est mis en place.

Dans les rues d'Harare, des files d'attente s'étendent sur des centaines de mètres devant les banques zimbabwéennes. Les gens patientent des heures entières pour retirer 50 dollars. C'est le maximum autorisé par jour.

Cinquante dollars, quand il faut payer ses factures, les transports et faire quelques emplettes, c'est assez court. Alors le gouvernement zimbabwéen encourage les paiements électroniques. Les frais des transactions par carte bancaire ou Mobile money, le paiement par téléphone portable, ont été allégés.

Mais la plupart des Zimbabwéens n'ont pas accès à ces services et vont chercher du cash ailleurs. Dans les commerces notamment. Les consommateurs paient en carte bancaire une somme supérieure au montant de leur achat et récupèrent la monnaie. D'autres commerçants offrent du liquide moyennant commission. Les taux de ce marché noir tourneraient aujourd'hui autour des 5%.

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Pour se sortir de cette situation, le Zimbabwe devrait imprimer d'ici la fin de l'année des coupons monétaires pour une valeur de 75 millions de dollars. Les Zimbabwéens pourraient ainsi reprendre leurs transactions en attendant de pouvoir, un jour, les échanger contre des billets verts.

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