Centrafrique: la multiplication des violences menace l’avenir du pays

Le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra s'inquiète des violences qui pourraient décourager les bailleurs de la RCA.
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La multiplication des violences ces dernières semaines, comme à Kouango, Kaga-Bandoro, Koui, ou il y a deux jours Bangui, inquiète le président Touadéra et ses partenaires internationaux notamment. Plus que jamais, le processus DDR (désarmement, démobilisation, réinsertion) est menacé.

A Bangui ce jeudi, les anti-balaka de la mouvance fidèle à Patrice-Edouard Ngaissona se sont réunis pour dire tout le mal qu'ils pensaient des autorités en place depuis six mois. Tour à tour, les « comzones » (commandants de zone) ont aussi laissé éclater leur colère face à l'attitude de la Minusca qu'ils jugent passive, voire parfois complice de leurs ennemis.

Au final, la coordination a tranché : si le programme DDR ne s'accélère pas, elle menace de quitter le processus. C’est une pression de taille pour le gouvernement, qui guette par ailleurs avec inquiétude le regroupement de plusieurs mouvances issues de l'ex-Seleka à Bria dans l'est du pays qui pourrait donner lieu à une réunification de la rébellion éclatée.

Dans une déclaration à la nation ce jeudi, le président Faustin-Archange Touadéra revient sur les récentes violences qui ont endeuillé le pays ces dernières semaines. L'œuvre, selon lui, « des ennemis de la paix » qui viennent « une fois de plus de poignarder la Centrafrique dans le dos ».

Car le président Touadéra a dans le viseur une échéance cruciale pour le pays : la conférence des bailleurs de fonds de Bruxelles mi-novembre, grâce à laquelle, espère-t-il, il pourra financer une politique de pacification et de développement. L'agitation des groupes armés et la résurgence des violences risqueraient de décourager un certain nombre de bailleurs.