Pasteur Ntumi au Congo-Brazzaville: «Nous ne sommes pas des terroristes»

Photo d'archive du pasteur Ntumi, en juin 2008.
© AFP PHOTO / Guy Gervais Kitina

Dans une interview accordée à RFI mercredi 5 octobre depuis sa cachette, l'ex-chef rebelle, Frederic Binsamou, connu sous le nom de pasteur révérend Ntumi, toujours sous le coup d'un mandat d'arrêt et traqué par les autorités congolaises accuse le président Sassou-Nguesso d'être responsable de la dégradation de la situation dans le Pool et réclame un dialogue sous égide internationale.

Ecoutez un extrait de l'interview du pasteur Ntumi
06-10-2016 - Par Florence Morice

Le pasteur Ntumi commence par nier les accusations de terrorisme portées contre lui et ses partisans. « Ils veulent mettre ce qu'ils font eux sur le dos des autres, affirme-t-il. Nous rejetons ça en bloc. L’armée a assiégé le Pool, les hélicoptères bombardent chaque jour. Donc ce sont les bombardements qui contraignent les déportations des populations. Ce n’est pas les ex-combattants. »

Il ne nie pas des violences, mais parle d'« accrochages » avec l'armée. Il assure que si ses jeunes partisans ont repris les armes c'est en réponse à la violence d'Etat qui s'est accrue après la réélection contestée du président Sassou-Nguesso. « Le nombre de ces jeunes ne peut pas être déterminé parce que c’est un soulèvement, c’est un ras-le-bol. Nous sommes en tain de contester ce pouvoir-là parce que les résultats ont été volés. Il faut que M. Sassou accepte le dialogue sous l’égide d'une institution internationale », exhorte le pasteur révérend Ntumi. 

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Pour le révérend, si les négociations engagées au printemps dernier entre le pouvoir et ses représentants ont échoué, c'est là encore la faute des autorités. « La délégation que j'avais envoyée à Brazzaville, ils sont restés cinq mois après, pas de suite. Ils n’ont pas vu le ministre de l'Intérieur, aucun membre du gouvernement et finalement c’était des généraux qui étaient devant eux, ils étaient soumis à des interrogatoires alors que la situation est une situation politique », assure-t-il.

Le pasteur Ntumi demande enfin la libération de tous ceux qu'il considère comme des prisonniers politiques.

Des représentants de l'opposition ainsi que des proches du pasteur Ntumi ont déploré mercredi encore des tirs d'hélicoptères sur plusieurs localités du Pool et de la Bouenza qui auraient selon eux tué des civils. Une information que le porte-parole de la police congolaise n'était pas en mesure de confirmer. Mardi, les autorités avaient assuré que « la traque » du pasteur Ntumi se poursuivrait.

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