Côte d'Ivoire: l'opposition appelle au boycott du référendum constitutionnel

Des soutiens du FPI protestant contre le projet de Constitution à Abidjan, le 8 octobre 2016.
© REUTERS/Thierry Gouegnon

Ce n'est qu'une demi-surprise, mais l'opposition réunie au sein de l'AFD, l’Alliance des forces démocratiques, dont Pascal Affi N’Guessan est le président, appelle au boycott du référendum constitutionnel : ni oui, ni non. Le 30 octobre prochain, l'opposition restera chez elle plutôt que de participer à cette consultation populaire pour une nouvelle Constitution.

« La seule chose qui reste à Alassane Ouattara pour sauver son projet, c'est la participation. Parce qu'ils savent qu'ils ont besoin du "non" du FPI. On ne leur donnera pas notre "non" ». Avec ce mot d’ordre de boycott du référendum, l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’Guessan marque un point d’arrêt dans la participation démocratique du principal parti d’opposition en Côte d’Ivoire.

Ne pas cautionner un scrutin qu'il dénonce pour une constitution qu'ils rejettent, c’est la stratégie résumée de l'Alliance des forces démocratique, coalition d'opposition au premier rang de laquelle se trouve le Front populaire ivoirien de Pascal Affi N'Guessan. « Il ne faut pas avaliser par sa participation une procédure illégale et illégitime. Il faut au contraire dire qu'on n'est pas concerné. On nous a ignorés, pourquoi est-ce que nous allons participer au finish à donner un vernis démocratique, à faire croire à l'opinion qu'il y a eu un débat ? Nous ne pouvons pas nous laisser instrumentaliser », insiste-t-il.

Une démocratie qu’il juge bafouée par l’absence de concertation au moment de la conception du texte constitutionnel, une démocratie dont les jeux sont pipés avec un bulletin double là où la pratique et le code électoral veulent selon lui un bulletin unique pour se prémunir de la fraude.

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Pendant deux heures de conférence de presse, le président du Front populaire ivoirien (FPI) et de la coalition de l’Alliance des forces démocratiques a fustigé cette Constitution et son commanditaire. « Alassane Ouattara ne nous propose pas une Constitution, mais il nous présente son testament politique qui est une hypertrophie du pouvoir présidentiel », ironise Pascal Affi N‘Guessan.

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Affi N’Guessan qui affirme que le FPI ne se sent pas concerné et qui appelle tous les Ivoiriens à rester chez eux le 30 octobre, jour du référendum. « Si les électeurs veulent voter, conclut-il, qu’il réserve leur voix pour les législatives. »

L'ex-Premier ministre, qui fut l'adversaire malheureux du président Ouattara à la presidentielle de 2015, engage ainsi la même stratégie que les frondeurs FPI emmenés par Abou Dramane Sangaré qui ne laissent pas planer beaucoup de mystère non plus sur leur boycott du scrutin référendaire.

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