Mali: l'enquête sur la mort de Cheikh Ag Aoussa s'annonce difficile

La voiture de Cheikh Ag Aoussa, l'un des principaux chefs militaires de l'ex-rébellion touareg, tué dans l'explosion aux abords de Kidal, le 8 octobre 2016.
© STRINGER / AFP

Au Mali, plusieurs enquêtes sont en cours après la mort de Cheikh Ag Aoussa, haut représentant de la Coordination des mouvements de l'Azawad, dans l'explosion de son véhicule au sortir d'une réunion avec l'ONU, à Kidal, le 8 octobre. La CMA et la Minusma mènent des enquêtes qui s'annoncent difficiles.

« Tout porte à croire que la voiture a été piégée dans l'enceinte du camp de la Minusma ». Voilà ce qu'affirmait le porte-parole des ex-rebelles au lendemain de la mort de Cheikh Ag Aossa.

« Evitons les spéculations hasardeuses », répond Radhia Achouri, la porte-parole de l'ONU. « La Minusma a engagé sa propre enquête interne sur les circonstances dans lesquelles s’était déroulée la réunion, et notamment le dispositif sécuritaire que nous avons dans notre camp, explique-t-elle. Par ailleurs, nous avons envoyé une équipe d’experts en analyse d’explosif sur le terrain pour collecter les faits. Maintenant, la Minusma n’a pas une autorité judiciaire qui a attribution pour enquêter, mais nous sommes à la disposition des autorités compétentes du pays. »

Et par autorités compétentes, l'ONU sous-entend le gouvernement. Car la spécificité de l'enquête menée à Kidal, c'est que les enquêteurs sont de la CMA. Ce sont les ex-rebelles qui gèrent la ville, mais ils sont à la fois juges et parties. La Minusma a donc proposé au gouvernement malien un appui logistique, si des enquêteurs voulaient venir de Bamako. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas donné suite.

L'enquête, elle, s'annonce déjà difficile. Aucune caméra ne surveillait le parking où était garé lé véhicule. Mais l'ONU ne veut écarter aucune hypothèse. Pas même la possibilité que la voiture ait pu rentrer déjà piégée à l'intérieur du camp.