Procès Simone Gbagbo: quel a été le rôle de l’accusée lors de la crise postélectorale?

L'ex-première dame ivoirienne, Simone Gbagbo, lors de son deuxième procès devant la justice ivoirienne à Abidjan, le 31 mai 2016.
© ISSOUF SANOGO / AFP

A Abidjan, après les vacances judiciaires, le procès de Simone Gbagbo a repris lundi pour tout juste trois jours d’audiences avant d’être de nouveau suspendu jusqu’à la semaine prochaine. L’ex-première dame ivoirienne est jugée depuis le 31 mai 2016 pour « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité ». Quel rôle a réellement joué Simone Gbagbo lors de la crise postélectorale de 2010/2011 qui a fait au moins 3 000 morts en Côte d'Ivoire ? C’est tout l'enjeu de son procès.

Incohérence de certains propos, confusion dans la chronologie des évènements, témoins dont l’exaltation engendre le doute sur la qualité de leur récit. Les 28 témoins produits par l’accusation, s’ils ont pour certains d’entre eux réellement été victimes des violences de la crise post-électorales, n’ont pas tous, loin s’en faut, permis d’établir de manière irréfutable que ces violences avaient été ordonnées par Simone Gbagbo. Ce qui permet à la défense de mettre en exergue la faiblesse du dossier dans ce procès d’assises.

« Effectivement, on a ces 28 témoignages, mais c’est généralement des gens qui viennent vous dire : j’ai été victime d’une blessure par arme à feu, par grenade ou par obus. Généralement, ils ne savent d’où viennent les tirs, ils ne savent de qui viennent les tirs et ils déduisent que ces personnes auraient commis ces actes-là, envoyées par madame Gbagbo. Problème : c’est qu’ils n’ont jamais vu madame Gbagbo avec ces personnes, et ils n’ont jamais vu madame Gbagbo leur donner des ordres. Résultat, madame Gbagbo, ici, est poursuivie non pour crime, mais pour avoir donné des ordres. Si la preuve des ordres n’est pas rapportée, madame Gbagbo peut rentrer chez elle tout simplement, c’est tout », estime Rodrigue Dadjé, l’avocat de l’accusée.

Toute la difficulté pour l’accusation est, par les témoignages ou vidéos produites, d’établir le lien entre les actes commis et sa supposée commanditaire. Après les témoins à charge la semaine prochaine ce devrait être à la défense de produire elle aussi ses propres témoins. Les audiences reprennent mardi prochain.

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