Congo-Brazzaville: l'Eglise catholique exhorte l'Etat à garantir la paix

Un panneau à l'entrée de Kinkala, chef-lieu du département du Pool, théâtre de violences meurtrières.
© Laudes Martial Mbon / AFP

L'Eglise catholique du Congo-Brazzaville sort du silence. Au terme de leur 45e assemblée plénière dimanche 16 octobre, les évêques du Congo ont adressé un message public prononcé par Monseigneur Daniel Milonzo, actuel président de la conférence épiscopale dans lequel ils demandent à l'Etat de garantir la paix et la libération «de tous les prisonniers politiques».

Lorsqu'il s'agit de politique, l'Eglise catholique du Congo-Brazzaville apparaît souvent divisée, en retrait. Lors du référendum contesté d'octobre dernier, les évêques avaient bien tenté une médiation, mais en vain. Et depuis ils se sont faits discrets. Finalement, les récentes violences dans le Pool les préoccupent semble-t-il au point de les décider à parler.

Dans son message, la conférence épiscopale ne se prononce pas sur l'origine des violences, mais appelle l’Etat à jouer son rôle de « garant de la paix et de l'union nationale ». Alors que les autorités multiplient les discours de fermeté et que les négociations entamées avec le pasteur Ntumi sont au point mort, l'Eglise rappelle les vertus du « dialogue véritable » qui constitue « la pierre angulaire de toute vraie démocratie ». Ils demandent donc à l'ensemble des responsables politiques d'œuvrer en faveur du retour à la paix et à la force publique de s'en tenir à sa mission, à savoir « assurer la sécurité des citoyens ».

Autre point fort de ce message, cette demande adressée directement au chef de l'Etat pour qu'il libère « tous les prisonniers politiques non régulièrement jugés ». Les évêques regrettent que des « responsables de partis politiques », des « candidats à l'élection présidentielle » ainsi que des membres des leurs soient actuellement en prison.

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