Les faux médicaments, un fléau en Côte d’Ivoire comme dans le reste de l'Afrique

Sur le continent africain, un traitement anti-palu ou contre le sida vendu est une fois sur trois un faux médicament.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

A Abidjan, une conférence se tient actuellement sur le trafic des faux médicaments dans le monde et particulièrement en Afrique. Une réunion organisée par le ministère ivoirien de la Santé et l'ambassade de France pour lutter contre ce fléau qui fait chaque année des centaines de milliers de morts.

Sur le continent africain, un traitement anti-paludisme ou contre le sida vendu est une fois sur trois un faux médicament. Ce sont des estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui évalue par ailleurs le chiffre d'affaires de ce trafic international à plus de 75 milliards de dollars.

Une activité criminelle contre laquelle tentent de lutter les services de douane de police et les autorités sanitaires des pays concernés. Des produits fabriqués en Asie (Chine ou Inde), mais aussi sur le continent africain.

Ces contrefaçons, moins chères que les médicaments conventionnels, sont surconsommés par une population ignorante des vrais dangers. C'est ce que déplore Wilfried Roger, le directeur de la formation à l'Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (IRACM) : « Il faut faire très attention parce qu’on a retrouvé dans les produits érectiles, vendus dans les marchés notamment, cinq fois la dose prévue. Donc ce n’est pas une petite érection que vous allez avoir, ça peut être extrêmement dangereux. On retrouve [aussi] sur les marchés de Côte d’Ivoire des antipaludéens de première génération. C’est quasiment interdit maintenant. On n’est plus sur la monothérapie. »

Une analyse que confirme le professeur Mahama Ouattara, sous-directeur à la Direction de la pharmacie du médicament et des laboratoires (DPML) de Côte d’Ivoire : « Ce n’est pas un problème de prix du médicament. Le prix des médicaments les plus utilisés a diminué pratiquement de moitié. Il se peut qu’il y ait une poly-prescription qui fait que la facture globale de l’ordonnance peut être élevée. C’est pour cela que l’on dit que la lutte contre les faux médicaments, c’est une lutte conjointe. C’est toute la société. »

Une société ivoirienne et abidjanaise continue, par exemple, de faire ses achats mortels au marché Roxy d'Adjamé, où l'on recense près de 8 000 vendeurs et vendeuses de produits contrefaits, alors que la Côte d'Ivoire ne compte sur l'ensemble de son territoire qu'un petit millier de pharmacies légales.