Mauritanie: fin du dialogue politique sur la signature d’un accord

Le président mauritanien, Mohammed Ould Abdel Aziz.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

En Mauritanie, le dialogue national lancé fin septembre s'est achevé ce jeudi soir. Un accord politique a été signé entre la majorité et quelques partis d'opposition. Au final, plusieurs révisions constitutionnelles ont été retenues, mais pas la suppression de la limitation des mandats présidentiels, l'article 28 qui limite le nombre de mandats à deux. Lors de la cérémonie de clôture, le chef de l'Etat a d'ailleurs cherché à mettre un point final à la polémique autour d'un éventuel troisième mandat.

« Bien que de nombreux participants aient requis l'amendement de l'article 28, personnellement, je n'ai jamais demandé sa modification, sous quelque prétexte que ce soit, comme je n'ai jamais manifesté un désir quelconque pour un troisième mandat », a déclaré Mohamed Ould Abdel Aziz. Le président mauritanien a martelé une conviction : que les modifications constitutionnelles doivent servir l'intérêt général et non des intérêts personnels.

D'où le rejet, selon lui, de la modification de la limite d'âge des candidats à la présidentielle que réclamait l'opposition, mais aussi du déverrouillage du nombre de mandats qui n'aurait « servi que le président de la République ». « Cette question doit donc être définitivement dépassée », a insisté le président, tout en mettant en garde ceux qui voudraient encore utiliser cette polémique pour, selon lui, déstabiliser le pays.

Plusieurs autres réformes ont été retenues. Le Sénat devrait être supprimé. La représentation des collectivités territoriales se ferait donc au travers de la création de conseils régionaux et il serait désormais précisé qu'en cas de vacance du pouvoir l'intérim revient au président de l'Assemblée nationale. La Haute Cour de justice disparaîtrait également. Ses compétences devraient être redistribuées entre le Conseil constitutionnel et les tribunaux existants. L'hymne et le drapeau pourraient être modifiés pour accentuer l'esprit patriotique et la référence à l'Islam. Des réformes qui feront encore l'objet d'un référendum d'ici la fin de l'année.

L’opposition fait part de ses désaccords

Difficile de savoir la portée politique pour pourrait avoir cet accord puisque la principale coalition d'opposition, et le parti de l'opposant historique Moktar Ould Daddah ont boycotté ces discussions dès le départ. Mais en plus, l'APP de Messaoud Ould Boulkheir, qui avait participé aux débats, a finalement rejeté les conclusions. L'opposition liée par cet accord se réduit donc presque, pour ce qui est des formations effectivement représentées à l'Assemblée, au parti El Wiam.

En revanche, le maintien de la limite des mandats coupe quelque peu l'herbe sous le pied de l'opposition qui comptait bientôt manifester contre le pouvoir et les conclusions du dialogue, en mobilisant principalement autour du rejet d'un 3e mandat d’Aziz. Mais un autre point de l'accord risque de créer des remous dans la scène politique : celle de la tenue d'élections législatives et municipales anticipées.

Le dialogue pour nous c'est un choix et nous voudrons continuer à apaiser la situation politique...

Le bilan et les positions des partis qui ont participé au dialogue
21-10-2016 - Par Houda Ibrahim

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.