Deux pilotes érythréens atterrissent en Ethiopie et demandent l'asile

Le mémorial des martyrs dans la ville de Mekele, en Ethiopie.
© Nichole Sobecki / AFP

En Ethiopie, deux pilotes de l'aviation érythréenne ont fait défection avec leur appareil mercredi matin 26 octobre. Après avoir survolé la frontière, ils ont atterri sur l'aéroport de Mekele, la capitale de la région du Tigré, où ils ont immédiatement demandé l'asile.

Le lieutenant Mebrahtu Tesfamariam et le sous-lieutenant Afeworki Fishaye avaient décollé à 10h mercredi matin de la base aérienne d'Asmara, la capitale de l'Erythrée. Ils volaient à bord d'un petit aéronef d'entraînement, un Zlin 143L, de fabrication tchèque.

Mais une heure plus tard, ils ont pris contact avec la tour de contrôle de Mekele, en Ethiopie, de l'autre côté de la frontière, et demandé l'autorisation d'atterrir. Une autorisation qu'ils ont obtenue, alors que, selon un témoin oculaire, un chasseur de l'aviation éthiopienne avait décollé pour faire face à une éventuelle menace.

Selon nos confrères de la station indépendante Radio Erena, les deux officiers sont des vétérans, comptant de nombreuses années d'activité. Le premier a rejoint l'armée en 1999 et il est entraîné à piloter l'un des Migs-29 de l'aviation érythréenne. Le second a rejoint l'armée de l'air en 2002, selon la même source.

Des défections qui ne sont pas rares

Mais cette nouvelle fuite vers le frère ennemi éthiopien n'est que le dernier épisode d'un long feuilleton, digne de l'époque soviétique. Ce n'est pas la première fois que des pilotes érythréens font défection à l'étranger avec leur appareil.

Plusieurs pilotes d'hélicoptère, et même le pilote du jet présidentiel et son adjoint, avaient rejoint clandestinement l'Arabie saoudite ces dernières années. Quelques semaines plus tard, une délégation envoyée négocier le retour de l'avion enregistrait une nouvelle défection : l'un des pilotes, une femme, chargée de rapatrier le jet, faussait à son tour compagnie à ses accompagnateurs.

Depuis, ce sont pas moins de huit officiers de l'aviation qui ont fait défection dans des conditions similaires, selon une source proche de l'armée de l'air.

Il faut dire que le mécontentement est grand au sein de l'aviation érythréenne, le parent pauvre de l'armée pléthorique qu'entretient le régime érythréen, à coup d'enrôlement obligatoire à l'âge de 17 ans. D'abord, son fondateur, le général Habtezion Hagdu, un héros de la lutte pour l'indépendance, très respecté par les jeunes pilotes, est en prison depuis 2004, coupable d'avoir dénoncé la dérive dictatoriale du chef de l'Etat Issayas Afeworki. Et puis, en plus de la pénurie de carburant, son matériel se détériore, alors qu'il est difficile pour le gouvernement d'effectuer les réparations, étant sous embargo militaire depuis 2009.

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