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Mali France

Mali: une patrouille commune Barkhane-CMA dans les rues de Kidal

Des soldats français de Barkhane et des ex-rebelles de la CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad, dans les rues de Kidal, dans le nord du Mali, le 25 octobre 2016.
© STRINGER / AFP

Au Mali, une patrouille commune a été organisée à Kidal entre la force française Barkhane et les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad. Il y a quelques jours, Barkhane avait patrouillé à Gao avec l'armée malienne et les combattants de la Plateforme pro-Bamako. Une manière donc de se préparer pour les patrouilles mixtes, prévues par l'accord de paix et dont la mise en place se fait toujours attendre. Une manière également de redorer l'image de la force française à Kidal.

« Nous n'avons pas d'image à redorer puisque nous n'avons rien à nous reprocher. » Pour le porte-parole de la force française Barkhane, la patrouille qui a mêlé soldats français et combattants de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) dans les rues de Kidal, n'a rien d'une opération de communication. Et de noter qu'une première patrouille commune avait eu lieu au mois d'août, dans cette ville toujours contrôlée par les ex-rebelles et où l'armée malienne n'est pas présente. Objectif : sécuriser les habitants.

Du côté de la CMA, on reconnaît que cette patrouille a aussi pour but de faire passer un message. Ces dernières semaines, les murs de Kidal ont été criblés de slogans anti-Barkhane et les habitants de la ville se sont mis à exprimer une forte défiance vis-à-vis de la force française.

En cause, l'assassinat au début du mois de Cheikh Ag Aoussa, notable de Kidal et important chef militaire de la CMA. Beaucoup d'habitants accusent l'armée française d'avoir placé l'explosif sous la voiture de Cheik Ag Aoussa, notable de Kidal et important chef militaire de la CMA. L'enquête de la CMA n'est pas encore achevée, mais certains cadres reconnaissent ne pas croire à cette hypothèse : « On ne pense pas qu'ils avaient intérêt à faire ça, estime l'un d'eux, surtout pas de cette manière. »

Restaurer la confiance

« Il faut dans le contexte actuel rassurer les populations et d’autre part il faut aussi renforcer les mesures de confiance entre ces deux forces qui occupent le même espace, confirme Almouzamil Ag Mohamed, le porte-parole des ex-rebelles de la CMA. C’est un signal fort aussi pour dire que c’est possible : ce qui est prévu dans l’accord est possible, c’est-à-dire les patrouilles mixtes. Ça commence par la CMA et Barkhane, ça pourrait dans les prochains jours, les prochains mois s’étendre aux autres forces, aux autres parties de l’accord [l’armée malienne et les forces de la Plateforme, ndlr]. »

Alors le but est peut-être aussi de montrer que Barkhane est avant tout une force alliée. « C’est surtout un message adressé aux populations de Kidal pour leur dire que les forces en présence sur le terrain, notamment Barkhane et la CMA sont là pour veiller à la sécurisation de Kidal », assure le porte-parole de la CMA.

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