Le Premier ministre Manuel Valls.
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Manuel Valls a entamé vendredi 28 octobre à Lomé sa tournée africaine qui va le conduire à Accra puis à Abidjan. Une occasion pour le Premier ministre de s’échapper des polémiques autour du livre «Un président ne devrait pas dire ça» et sur la question de son éventuelle candidature en 2017.

Avant de partir de Paris, Manuel Valls était en colère. C’est en tout cas ce qu’il avait confié à un journaliste qui évoquait avec lui le livre nourri par les confidences de François Hollande. Mais en arrivant à Lomé, interrogé sur cette colère, le Premier ministre change de ton. « Non, au contraire, vous avez vu que je suis avec les Français qui sont au Togo », lâche-t-il. 

Pas question de laisser la politique politicienne polluer sa visite en Afrique dès la première étape. Manuel Valls préfère rappeler qu’il est le premier chef du gouvernement français à venir au Togo depuis la visite de Michel Rocard il y a 28 ans.

Le Premier ministre affiche sa satisfaction. Pour lui, cette visite est l'occasion de donner sa vision de l’Afrique. Une vision optimiste, il y tient. Il l’a encore redit samedi matin en inaugurant la nouvelle école maternelle et primaire du lycée français de Lomé. Manuel Valls en a profité au passage pour rendre hommage à Charles de Gaulle, dont cette école porte le nom. « Le général de Gaulle qui savait ce qu’il devait à l’Afrique et qui avait la volonté de rassembler », a-t-il déclaré.

Un hommage qui n’est pas anodin et qui résonne avec les débats sur l’identité, les migrants, qui agitent la France. Manuel Valls le dit et le redit : « La France ce n’est pas une couleur, une religion, c’est le partage de valeurs et la générosité. Et la France a un destin commun avec l’Afrique ». Tout un programme.

En arrivant à Lomé, le Premier ministre a rencontré le président Faure Gnassingbé, avec ce message :  « Le Togo change, il change dans le bon sens. La France croit au Togo et la France veut une relation plus forte avec le Togo. »

Je suis animé par une conviction qui ne fait que grandir (...) : l'Afrique c'est pour nous, le continent de l'avenir.
Ecoutez un extrait du discours de Manuel Valls
29-10-2016 - Par Valérie Gas

Mais tout en évoquant les enjeux de la relation franco-africaine, Manuel Valls en a aussi profité pour répondre à Nicolas Sarkozy qui avait dit dans son discours de Dakar que l’homme africain n’était pas assez entré dans l’Histoire. « C’est ça l’Afrique, elle est plus que jamais dans l’Histoire ! Elle n’a jamais quitté l’Histoire. »

Manuel Valls ne dit pas clairement qu’il pourrait être candidat en 2017 à la place de François Hollande, mais à chaque occasion, comme ici à Lomé, il adopte un discours de plus en plus présidentiel.