Burundi: le colonel Désiré Uwamahoro détenu par le SNR

Des policiers tirent des gaz lacrymogènes pour réprimer une manifestation à Bujumbura, le 21 mai 2015. Les hommes du colonel Désiré Uwamahoro ont fait régner la terreur dans les quartiers contestaires de la capitale.
© REUTERS/Goran Tomasevic

Le colonel Désiré Uwamahoro, l’un des piliers de la répression qui s’est abattue en avril 2015 sur le Burundi, est détenu depuis samedi 29 octobre par le Service national de renseignement (SNR). Les autorités se font discrètes sur ce sujet. Lundi 31 octobre, le porte-parole de la police affirmait ne pas être au courant de son arrestation. L’affaire est sensible puisque le colonel est l’un des éléments clefs du système répressif burundais suspecté d’avoir accompli nombre de basses besognes pour le régime, et autant de crimes crapuleux.

Depuis 2008, le nom de cet ancien rebelle apparaît dans la plupart des rapports qui font état de violations des droits de l’homme au Burundi. En 2012, il est condamné à 5 ans de prison pour tortures sur une vingtaine de civils. Une peine qu’il n’a jamais purgée. A la place il est promu au poste de commandant d’une unité d’élite, puis de la brigade anti-émeute. Ses hommes sont des fidèles triés sur le volet qui font régner la terreur dans les quartiers contestataires de Bujumbura. La presse parle alors d’« escadrons de la mort », un terme contesté par les autorités.

Son nom est cité dans les affaires de disparition ou d’agressions de journalistes et dans l’attaque d’un convoi funéraire qui aurait fait 16 morts, il y a un an. De bonne source, il se trouve sur la liste des personnes suspectées par l’ONU de crimes contre l’humanité.

Selon des sources sécuritaires, il est depuis samedi entre les mains du SNR, mais pas pour ces raisons. Il s’agirait plutôt d’un trafic de minerais. Cet amateur de sports et de voitures est également connu pour pratiquer le racket, dit un ancien responsable de la police. Fin 2012, le colonel avait été arrêté dans le cadre d’une affaire de vol : 330 000 dollars dérobés à des chercheurs d’or. Il aurait alors accepté de rendre une partie du magot pour être libéré. Un scénario qui pourrait se répéter.

→ A (re) lire : Le Burundi suspend sa coopération avec le bureau des droits de l'homme de l'ONU

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.