Côte d’Ivoire: la nouvelle Constitution créant la 3e République adoptée

Comptage des voix lors du référendum constitutionnel en Côte d'Ivoire dans un bureau de vote d'Abidjan, le 30 octobre 2016.
© REUTERS/Luc Gnago

C’est fait, la nouvelle Constitution créant la 3e République de la Côte d’Ivoire a été adoptée lors du référendum de dimanche 30 octobre : adoption à 93,42% des suffrages exprimés tandis que l’opposition avait appelé à un boycott de ce scrutin. Ce nouveau texte constitutionnel prévoit la création d’un poste de vice-président d’un Sénat, rend l’école obligatoire pour tous et assouplit les règles d’éligibilité d’un candidat à la présidentielle. Compte rendu de cette soirée de proclamation des résultats.

La majorité présidentielle a donc été exaucée et très certainement soulagée tant il apparaissait au regard de plusieurs observateurs que la participation au référendum de dimanche ne semblait pas exceptionnelle.

Après deux jours d’attente, vers 20h15, le président de la Commission électorale indépendante Youssouf Bakayoko donnait les premiers chiffres au niveau national « Taux de participation, 42,42%. Pour le oui, 2, 48 millions de voix, soit 93,42%. Pour le non, 174 714 voix, soit 6,58%. »

Avec ce score de 93 % pour le « oui » et une participation plus que correcte pour un référendum, on est donc proche du plébiscite qu’appelait de ses vœux la majorité présidentielle RHDP pour passer à la troisième République de Côte d’Ivoire. Il faut à présent que le Conseil constitutionnel valide ces résultats.

Mais avant même la proclamation des résultats nationaux, l’opposition, le front du refus et la coalition pour le « non » les dénonçaient, affirmant que le taux de participation n’était que de 3 à 7%. Certains opposants évoquant même « des falsifications grossières et le non-respect des procédures de proclamations des résultats. »

Ce à quoi le président de la CEI a répondu à RFI que tous les procès-verbaux au sortir du dépouillement avaient été dument signés et validés par les agents des bureaux pour certification conforme et que jusqu’à preuve du contraire c’est la CEI qui donne les résultats, pas les partis politiques.

Des « chiffres truqués », pour l'opposition

L’opposition, de son côté, rejette purement et simplement ce vote, et dénonce un trucage des chiffres. « Ces chiffres-là ne nous engagent pas. Nous avons bien indiqué que nous boycottons ce référendum, rappelle Pascal Affi N’Guessan, le président du Front populaire ivoirien (FPI). Tous les chiffres qui sont avancés par la commission des droits ne nous engagent pas d’autant que nous savons que ce sont des chiffres truqués. Aucune opposition n’était représentée dans les bureaux de vote, ni dans les commissions de décompte des résultats. »

Le président du principal parti d’opposition, aujourd’hui composante de l'Alliance des forces démocratiques de Côte d'Ivoire (AFD-CI) estime que le 30 octobre « a été un désert sur l’ensemble du territoire national ».

Selon lui, l’appel au boycott a été entendu : « les statistiques que nous-mêmes nous avons établies pour mesurer le degré de réussite de notre mot de boycott, montrent que le taux de participation est largement en dessous de 10%. Donc ces chiffres qui sont avancés par le gouvernement ne sont que des faux chiffres, chiffres truqués qui n’engagent personne. Les Ivoiriens ont massivement boycotté le référendum. Ils ont massivement désavoué la politique d’Alassane Ouattara. Il lui appartient d’en tirer des conséquences. » Pascal Affi N'Guessan exige en conséquence le retrait pur et simple du nouveau texte constitutionnel.

Mais pour le camp des gagnants, ces critiques ne sont que mauvaise foi. C'est ce que répond Adama Bictogo, qui était en charge de la mobilisation pour ce référendum au sein du parti présidentiel Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). « L’opposition, je suis désolée, ne peut pas parler de truquage, d’autant plus qu’il y a eu vraiment une vraie transparence. Il y a eu une élection bien organisée dans le calme, apaisée », rétorque-t-il.

Adama Bictogo conteste toute manipulation des chiffres : « Pour nous, les chiffres sont conformes à la dynamique de vote qu’il a eu lieu. Elle est conforme au niveau de l’engagement des Ivoiriens. Je pense qu’il y a quelque part une mauvaise foi de l’opposition qui s’exprime, qu’il s’attendait à un rejet, à un absentéisme très fort des Ivoiriens. Mais au contraire, la maturité des Ivoiriens l’a emporté sur les calculs politiciens de l’opposition. »

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