Génocide rwandais: nouvelle charge contre des officiers français

Militaires français au Rwanda (photo d'illustration).
© Scott Peterson/Liaison

Le Rwanda lance une nouvelle charge contre des officiers français. La Commission nationale de lutte contre le génocide (CNLG) sort un nouveau rapport dans lequel 21 officiers français, dont 4 généraux, sont mis en cause. Les militaires sont accusés d'avoir été complices et même auteurs du génocide de 1994. Ce rapport sort alors que les juges d'instruction français ont dit vouloir interroger l'ancien chef d'état-major rwandais Kayumba Nyamwasa. Il accuse le président Kagame d'avoir fait abattre l'avion de Juvénal Habyarimana en 1994, ce qui avait déclenché le génocide. Neuf proches de Paul Kagame sont mis en cause dans l'affaire.

La CNLG accuse quasiment les mêmes officiers français visés par le rapport Mucyo de 2008. On trouve notamment l'ancien chef d'état-major Jacques Lanxade et le général Lafourcade, commandant de l'opération turquoise.

Ce nouveau rapport, très court, liste des actions individuelles. Selon le chef de la CNLG, Jean Damascène Bizimana, les officiers ont été complices voire parfois auteurs du génocide.

Il y a un an, l'association Survie avait justement lancé une procédure visant des militaires français pour avoir notamment fourni des armes au régime génocidaire. Mais selon François Cretollier, membre de l'ONG, le rapport rwandais va trop loin : « Il y a des choses qui sont répréhensibles côté français, qui ont été commises à l’époque, en soutien au gouvernement génocidaire, donc ça c’est vrai. Par contre, aller dire que les militaires sont responsables de crimes de génocide, ça c’est faux. Ce qu’on peut reprocher par contre côté français, c’est de ne pas faire toute la lumière. »

En effet, beaucoup attendaient un non-lieu dans l'affaire des proches de Kagame mis en cause dans l'attentat de 1994. Mais la justice française veut maintenant auditionner Kayumba Nyamwasa. La procédure est donc toujours en cours. Depuis, le président Kagame a mis en garde Paris. La CNLG a sorti un premier rapport mettant en cause les deux ambassadeurs de France au Rwanda entre 1989 et 1994. Ce second rapport est-il une mesure pour faire pression ?

Dans ses conclusions, la CNLG affirme en tout cas que le non-lieu n'a pas été prononcé pour cacher les crimes des militaires. Néanmoins Jean Damascène Bizimana nie tout pilotage politique.

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