La justice suisse saisit 11 voitures qui appartiendraient à Teodorin Obiang

Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale, ici en décembre 2014 à Malabo.
© AFP PHOTO/STEVE JORDAN

La justice genevoise a annoncé ce jeudi 3 novembre avoir procédé en début de semaine à la saisie de 11 voitures de luxe qui appartiendraient à Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale. Les autorités suisses le soupçonnent de «blanchiment d’argent».

Onze voitures de luxe, parmi lesquelles une Koenigsegg, la voiture suédoise réputée la plus rapide du monde et produite à seulement sept exemplaires, ont été saisies. Les bolides étaient garés dans l’aéroport de Genève, où ils attendaient de s’envoler vers la Guinée équatoriale. C’était sans compter sur la justice suisse qui les a saisies lundi dernier, pour éviter que Teodorin Obiang ne les rapatrie in extremis au pays.

Le vice-président et fils du président de Guinée équatoriale est en effet poursuivi par le ministère public genevois, qui vient d’ouvrir une enquête préliminaire à son encontre.

La justice suisse exécutait surtout une demande d’entraide émise par la France, où Teodorin Obiang sera très bientôt jugé pour blanchiment d’abus de biens sociaux, détournement de fonds publics et corruption. En clair, pour les dizaines de millions d’euros de véhicules de luxe, mais aussi de bijoux, de vêtements ou encore d’objets d’arts qu’il aurait acquis « en France, entre 2007 et 2011 », selon les juges français. Ces derniers soupçonnent que ces achats aient été effectués grâce à des détournements de fonds publics équato-guinéens.

Quant aux véhicules saisis à Genève, l’avocat de Teodorin Obiang, maître Marsigny, joint par RFI, est catégorique : « Ce ne sont pas ses voitures. »

Ecoutez les explications de Miguel Oyono Mifumu, ambassadeur de Guinée équatoriale à Paris
05-11-2016 - Par Sébastien Nemeth

« D’abord le fils du chef de l’Etat n’a pas acheté de véhicule/s, ni en Suisse ni en Europe... Ce que nous savons c’est que ces véhicules sont venus de Guinée équatoriale pour une société... équato-guinéenne qui fait des ventes et de l’entretien des véhicules. Ce n’est pas la première fois. C’est une agitation pour essayer de justifier une imposture, assure l'ambassadeur joint par RFI.

Je ne vois pas en quoi un problème de voiture peut causer tant d’agitation. Et on veut attribuer ça à une personne, comme si cette personne n’avait pas le droit d’avoir une voiture.

Est-ce qu’avoir une voiture c’est un délit ? Qu’est-ce que ça veut dire cet amalgame ?... ceux qui veulent nous pousser à avoir des relations conflictuelles avec nos partenaires européens se trompent. Ils se trompent. Nous sommes tranquilles, nous serons sereins ».