RDC: la banque mise en cause dans le scandale révélé par «Le Soir» s’explique

Des liasses de billets de francs congolais.
© Sonia Rolley/RFI

Ce sont des révélations qui ne cessent de susciter des réactions en RDC. L’enquête du journal belge Le Soir publié le week-end dernier a mis en en cause une banque, la BGFI, qui aurait des liens avec la famille Kabila. Parmi les accusations portées, des ponctions régulières sur l’un des comptes de la Commission électorale, des retraits d’argent liquide qui représentent plusieurs millions de dollars. Ce mercredi, le président de la Commission électorale a dénoncé ces accusations, assurant ces retraits étaient normaux dans un pays avec un maillage bancaire très réduit. Pour la première fois, la banque s’est également expliquée. Elle dénonce une manipulation du lanceur d’alerte et une mauvaise interprétation par le journal belge de la réalité.

Il n’y a pas de Kabila parmi les actionnaires et la direction, lance le directeur général adjoint de la BGFI. Le Journal Le Soirassurait que son chef direct, le patron de la BGFI-Congo, était comme frère pour Joseph Kabila. Pour Bloomberg, Gloria Mteyu, présentée comme la sœur du chef de l’Etat, serait l’une des principales actionnaires. Mais pour Abdel Kader Diop, ces allégations ne concernent pas la banque : « Madame Gloria, elle est actionnaire. Je reconnais ce nom-là parmi les actionnaires. Mais de là à dire qu’elle est parenté ou que le directeur général est le fils adoptif ou le cousin adoptif de qui ou quoi, je ne peux pas le faire. Je ne suis pas un Etat civil. Je suis une banque ».

Parmi les éléments suspects, selon Le Soir et Bloomberg, un taux trop élevé par rapport au prix du marché pour un emprunt accordé à la Commission électorale : « La tarification elle est libre. Je ne suis pas, moi BGFI Bank, je ne suis pas le seul banquier de la Céni. La tarification elle est négociée entre le client et sa banque ».

Un taux d’intérêt de 4% sur un emprunt de 25 millions de dollars, garanti par le compte en francs congolais de la Commission électorale qui, sur cet argent, ne touche pas d’intérêts. A laquelle s’ajoute une commission pour la banque d’un million de dollars. Pour la direction de la BGFI, rien d’anormal pour le marché congolais. Par ailleurs, le directeur général adjoint de la BGFI-Congo a fustigé l’utilisation par les médias du terme de « blanchiment », expliquant que le blanchiment, c’était de l’argent qui entre dans le système bancaire, et non qui en sort.

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