Republier
RDC

RDC: des policiers soupçonnés de détournements de fonds à Beni

Eringeti, territoire de Beni, Nord Kivu, RD Congo. 5 décembre 2014 : Un militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
© MONUSCO/Abel Kavanagh

En République démocratique du Congo, Evariste Boshab, le vice-Premier ministre et ministre de l'Intérieur, convoque plusieurs officiers à Kinshasa. Des hommes accusés d'avoir participé à un réseau de détournement de fonds. De l'argent destiné à la lutte contre les massacres dans la région de Beni, dans l'est de la RDC. Les policiers en question se seraient servis dans les sommes d'argent envoyés pour cette lutte. Cette convocation fait écho à une lettre diffusée sur les réseaux sociaux. Un document dans lequel un officier mettait en cause plusieurs de ses collègues.

« Vous conviendrez avec moi que de tels actes anéantissent les efforts entrepris par le gouvernement pour venir à bout de la criminalité dans cette partie de la République ». Les mots d’Evariste Boshab sont sans appel : il cite les noms de cinq officiers, dont le commissaire provincial du Nord-Kivu, cinq officiers soupçonnés d’être à la tête d’être ou d’avoir été à la tête d’un réseau de détournement d’argent destiné à une unité de la police déployée à Beni, la Ligue nationale d’intervention.

Ces noms étaient cités dans une autre lettre qui avait largement été diffusée sur les réseaux sociaux. Celle d’un capitaine, l’un des comptables de la police nationale dans le territoire de Beni. Il évoque un cas de détournement datant de mars 2014, avant le début des massacres.

28 millions de francs congolais

Ce policier prétend que sur 28 millions de francs congolais (environ 24 000 euros) destinés à nourrir des policiers déployés au front, moins d’un million serait arrivé à bon port. Le reste aurait été partagé entre les officiers cités. Dans cette lettre, le comptable policier donne des numéros de compte, des noms. Depuis, il vivrait dans la clandestinité.

C’est une vieille affaire et ce policier est un habitué des accusations fantaisistes, expliquent plusieurs hauts gradés. Une véritable levée de boucliers. Même si officiellement, la police nationale se refuse pour l’instant à tout commentaire, assurant toutefois que la lettre du gouvernement avait bien été reçue, « il y a des détournements partout, alors pourquoi exposer celui-là ? », s’interroge pour sa part un activiste de la société civile.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.