L’Erythrée épinglée par l’ONU pour violation de son embargo sur les armes

Des militaires érythréens à la frontière avec l'Ethiopie, dans la région de Tigré, (ici en 2005).
© MARCO LONGARI / AFP

Le Groupe de contrôle de l'ONU sur l'Erythrée a rendu public son rapport annuel, samedi 5 novembre. Ce rapport est le fruit de la surveillance de l'embargo sur les armes décrété en 2009 à l'encontre de ce pays de la Corne de l'Afrique, en raison notamment du soutien qu'il apportait à l'époque aux islamistes somaliens des Shebabs, mais qui semble avoir cessé depuis trois ans. Malgré tout, le groupe d'experts des Nations Unies estime que l'Erythrée pourrait toujours violer l'embargo qui le frappe, en raison cette fois de son soutien à des groupes rebelles éthiopien et djiboutien, mais aussi de sa participation à la coalition internationale qui fait la guerre au Yémen.

Plusieurs groupes armés éthiopiens sont hébergés, armés et payés par l'Erythrée, ce n'est pas un secret. Les nationalistes amharas du Ginbot-Patriotique, les indépendantistes du Front de libération oromo, ne cachent d'ailleurs pas que leurs troupes et leurs médias sont basés de l'autre côté de la frontière, d'où ils mènent des opérations coups de poing pour faire tomber le gouvernement éthiopien. Le dernier rapport du Groupe de contrôle de l'ONU décrit ainsi comment l'Erythrée est toujours cette plaque tournante des rébellions de la Corne, y compris également le FRUD-Armé djiboutien, accusé notamment de pratiquer l'enrôlement d'enfants dans ses rangs.

Participation à la coalition internationale impliquée dans le conflit au Yémen

Mais le Groupe de contrôle ne s'arrête pas là. Car l'Erythrée est aussi devenue la base arrière de la guerre que mènent l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis au Yémen. Une base navale et un aérodrome ont été installés par les Emirats dans le port d'Assab. Des soldats sont entraînés dans des camps ici et là, puis envoyés au front, de l'autre côté de la mer.

Et ceci est un autre problème : l'embargo décrété en 2009 par l'ONU interdit tout soutien à l'appareil militaire érythréen. Or pour les experts du Groupe de contrôle, cette coopération peut être « raisonnablement » caractérisée comme une violation de cet embargo.

Leur rapport doit maintenant être présenté au Conseil de sécurité à New York, qui décidera des suites à lui donner.