Republier
Madagascar

[Reportage] Madagascar: opérations d'assainissement à Antananarivo

Vue d'un bidonville à Antananarivo
© Flickr / DawaFree

C'est un problème récurrent à Antananarivo : moins de 10% de la superficie de la ville est équipée d'égouts souterrains... Alors, les eaux usées sont directement déversées dans les canaux à ciel ouvert de la capitale. Chaque année à la saison des pluies, ce sont les mêmes scénarios qui se répètent : montée des eaux, débordement des canaux, inondations dans les habitations des bas quartiers. Aussi, des associations organisent régulièrement des journées préventives pour déboucher à la hâte les canaux, avant les premières grosses pluies. Reportage dans l'un des bidonvilles de la capitale.

Reportage dans le quartier d'Antohomadinika
06-11-2016 - Par Sarah Tétaud

Aujourd’hui, dans le quartier d’Antohomadinika, c’est ce qu’on appelle une journée zéro, « Fako », une journée sans ordures. C’est Lamine Sarr, de l’ONG ATD Quart Monde, qui dirige les opérations. « Là on est en train de déboucher tous les caniveaux. Vous voyez, là, ce sont des défécations à l’air libre. Si on ne débouche pas les caniveaux, dès qu’il pleuvra, ça va inonder les quartiers, et rentrer dans les maisons. Ça donne beaucoup de maladies ! », explique-t-il.

Madame Aimée fait partie de la quarantaine de personnes à s’être portées volontaires. Juchée sur un îlot d’immondices, elle racle le fond du canal avec sa fourche : « Notre quartier est vraiment dans un sale état. Y a des ordures et des déjections partout, ça pue … Des gens sont venus d’autres quartiers pour nous aider à nettoyer. Alors, je ne pouvais ne pas venir ! »

Des journées comme celles-là sont récurrentes. Pourtant, le jour d’après, tout ou presque est à refaire. Lamine Sarr le sait, le problème est ailleurs : constructions anarchiques, toilettes publiques fermées dès la tombée de la nuit, une seule benne à ordures pour un quartier qui compte plus de 60 000 personnes. Et un manque d’éducation à l’hygiène criant.

Pourtant, le 15 novembre prochain marquera le début de l’opération « Sakalina », littéralement « travail contre nourriture ». Les fonds pour financer cette action manquent encore. Mais récompense ou pas, Madame Aimée assure que le 15, elle sera à nouveau là pour nettoyer.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.