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Somalie

Somalie: nouvel attentat des shebabs décidés à perturber le processus électoral

Des militaires et des policiers somaliens inspectent les lieux de l'attentat commis samedi 6 novembre à Mogadiscio par les shebabs.
© REUTERS/Feisal Omar

En Somalie, deux soldats de l'armée nationale ont été tués et cinq autres blessés par l'explosion d'une voiture piégée samedi 5 novembre, près du siège du Parlement à Mogadiscio. Un kamikaze a précipité son véhicule chargé d'explosifs sur un convoi militaire au carrefour de Sayidka, dans le centre-ville. Un attentat revendiqué par les shebabs. Une radio du groupe islamiste parle de son côté de 17 morts et plus de 30 blessés. Tout cela alors que le pays est en plein processus électoral.

Les autorités somaliennes sous pression, un attentat-suicide près du Parlement, dans le même temps, les shebabs ont tiré des obus de mortier sur une base de soldats burundais au nord de Mogadiscio. Des attaques qui viennent se rajouter à une série d'autres ces dernières semaines.

Vendredi, l'ONU a décrit les shebabs comme la principale menace du pays, face à une armée nationale inefficace et corrompue. Selon les experts, les islamistes gardent la capacité d'organiser des attentats de grande ampleur, et trouvent de nouvelles sources de financement par le trafic de sucre et une taxe sur les produits agricoles et d'élevage. Bénéfice annuel d'après l'ONU : 28 millions de dollars.

Un processus électoral difficile

Tout cela alors que le pays s'approche laborieusement de son élection présidentielle. Le chef de l’Etat sera en théorie choisi le 30 novembre par les deux Chambres haute et basse. Les représentants de la Chambre haute ont été choisis le mois dernier. Samedi, avec environ deux semaines de retard, les grands électeurs ont commencé à élire ceux de la Chambre basse dans la région du Puntland d’abord. Le vote a commencé à Garowe, capitale du Puntland. Quatre autres régions, HirShabelle, Jubaland, South-West State et Galmudug doivent voter. 306 membres d'un collège électoral choisiront les 275 membres de la Chambre basse. 

Vu l'insécurité, c'est un processus encore très incomplet qui se déroule seulement dans une partie du pays. Le processus est entaché d'irrégularités. Il y a une semaine, l'ONU, l'UE, l'UA, l'Ethiopie, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni et les Etats-Unis avaient signé un communiqué commun inédit, exprimant de profondes inquiétudes quant aux soupçons de corruption et d'intimidations sur les candidats et les grands électeurs.

Pour autant, la mission d'assistance des Nations unies parle de progrès par rapport à 2012. La Mission d'assistance des Nations unies en Somalie (MANUSOM) vante une meilleure participation électorale. Aujourd'hui, 14 000 délégués élisent les parlementaires, dans six régions. Alors qu'en 2012, le vote se tenait uniquement à Mogadiscio. Et les représentants étaient choisis par un collège de 135 anciens. Désormais l'objectif affiché est d'organiser des élections universelles, une personne, un vote, pour 2020. Mais les spécialistes en doutent d'autant que la menace shebab est toujours là, et que certains contingents étrangers de l'Amisom pourraient se retirer dans les prochaines années.

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