Présidentielle américaine: l’Afrique, grande absente de la campagne électorale

Vue aérienne d'une partie de Lagos, au Nigeria, la plus grande ville du continent africain.
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Aux Etats-Unis, d'une manière générale, la campagne électorale qui s'est achevée ce lundi a été monopolisée par les joutes verbales et les attaques personnelles entre candidats, au détriment des programmes. Et s’il y a bien un thème qui n’a pas été évoqué du tout, c’est celui de l’Afrique et de la politique des Etats-Unis sur le continent.

Du côté des immigrés africains naturalisés, l’absence de l’Afrique dans les débats est une grande déception. C’est le sentiment d’Eric Edy, président d’Africom (United States Africa Command), une coalition d’associations de la diaspora : « Même quand on parle de Benghazi en Libye, ce n’est parce qu’on veut parler de la situation en Libye, mais on veut parler de ces diplomates qui malheureusement ont perdu leur vie là-bas. Et puis, est-ce que du côté de ces diplomates américains, on regarde la Libye comme faisant partie de l’Afrique ou bien rattachée au Moyen-Orient ? L’Afrique subsaharienne ou bien l’Afrique noire en général sont restées beaucoup sur [leur] faim. »

Mais pour Melvin Foote, président de Constituency for Africa (CFA), une organisation de la diaspora qui tente de sensibiliser l’exécutif et le législatif américain aux problématiques africaines, les candidats ne sont pas les seuls responsables de ce silence sur l’Afrique : « L’une des raisons de l’absence de l’Afrique, c’est que ce n’est pas vraiment une attente des électeurs. Et à ce stade, ce qui préoccupe les candidats ce ne sont pas les dossiers - ils ne s’intéressent pas à l’Afrique ou au sida - ils se préoccupent d’être élus. Et il y a aussi un manquement de la diaspora, qui commence à peine à s’impliquer. Nous n’avons pas manifesté assez clairement que l’Afrique était un vrai dossier. Donc on peut fustiger Hillary ou Trump, mais la réalité, c’est qu’on doit regarder notre propre responsabilité en face. »

Enfin il est à noter qu’à la différence d’Hillary Clinton, Donald Trump ne dispose pas de spécialistes de l’Afrique parmi ses conseillers sur la politique étrangère.