Madagascar: le Premier ministre promet des poursuites en cas de vindicte populaire

Endroit à Nosy Be où une foule a lynché deux Européens et un Malgache, soupçonnés d'avoir tué un enfant de 8 ans et mutilé son corps, le 4 octobre 2013.
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A Madagascar, le Premier ministre a réagi ce lundi après plusieurs cas de vindicte populaire. Il y a une semaine, une femme se faisait lyncher pour avoir apporté du porc dans un lieu où cela est considéré comme un interdit local. Il y a quelques jours, la presse a également parlé du lynchage de quatre présumés voleurs de vanille. Et ce week-end, dans une autre ville du pays, une foule a voulu s’en prendre à deux individus suspectés d’homicide. Les cas de vindicte populaire sont fréquents à Madagascar où la population n’a plus confiance dans les forces de l’ordre ni dans la justice. Le Premier ministre a promis la justice et rejette la faute sur l’opposition, mais aucune mesure n’est annoncée.

Face à une justice et à des forces de l’ordre corrompues et inefficaces, la population ne fait plus confiance aux autorités et les cas de justice populaire se multiplient. Le Premier ministre Olivier Mahafaly Solonandrasana promet des poursuites : « Les gens qui ont commis ce genre de violences vont être punis, mais laissons la justice travailler dans la sérénité. »

Ces promesses ont été maintes fois entendues, et au sein de la population plus personne n’y croit. Pour le Premier ministre, les autorités ne sont pas seules en tort : « La défaillance, si défaillance il y a, que ce soit au niveau de la justice, [ou] au niveau de la gendarmerie et des policiers, ce n’est pas une raison suffisante pour causer une escalade de violence. Il y a aussi une part de responsabilité de la société civile, une part de responsabilité de ces gens-là. Il faut éduquer les gens. »

Et il rejette la faute sur les opposants qui chercheraient à déstabiliser le régime : « C’est politisé. Ces gens-là qui incitent la population à la violence, c’est de ceux-là peut-être que provient justement ce genre de fléau, cette vindicte populaire qui ne date pas d’aujourd’hui. Appeler les gens à la désobéissance civile, à quoi ça sert ? Qui profite justement de ce genre de désordre ? »

Toutefois, aucune mesure n’est annoncée pour renforcer durablement la présence des forces de l’ordre, ou tenter de rétablir l’autorité de l’Etat.