RDC: le Conseil de sécurité de l'ONU en délégation à Kinshasa

Vue de Kinshasa, capitale de la RDC.
© Wikimedia/Moyogo

Le Conseil de sécurité est arrivé vendredi soir en Republique démocratique du Congo, une visite de 72 heures pour officiellement vérifier l’application de la résolution 2277,une résolution qui appelait à la tenue des élections dans les délais constitutionnels. Mais depuis, un accord politique a été signé entre la majorité et une frange de l’opposition, accord qui renvoie l’organisation des élections au plus tôt à avril 2018 et qui devrait permettre à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Cette délégation emmenée par les ambassadeurs de France et d’Angola auprès des Nations unies va rencontrer les acteurs de la crise congolaise avant de s’envoler dimanche pour Goma et Beni.

Une délégation du Conseil de sécurité à Kinshasa, le symbole est fort. D'autant plus en cette période de l'année où les ambassadeurs à l'ONU n'ont pas pour habitude de voyager. Pour les Nations unies c'est une façon de montrer que la communauté internationale prend la crise politique en RDC très au sérieux et qu'elle veut qu'une solution pacifique soit trouvée.

Mais quels engagements cette délégation va-t-elle pouvoir obtenir ? C'est toute la difficulté de cette mission, sachant que les 15 ambassadeurs ne sont pas tous d'accord sur les messages à faire passer.

Si les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne aimeraient obtenir un engagement fort de Joseph Kabila qu'il ne se représente pas et que la présidentielle soit avancée à 2017, des pays comme la Russie ou la Chine considèrent que c'est de l'ingérence.

Saluer l'accord politique tel qu'il a été signé à Kinshasa le 18 octobre dernier entre le pouvoir et une frange de l'opposition, voilà leur objectif. Résultat, les ambassadeurs à l'ONU risquent de se limiter à un message très général. Un appel à plus d'inclusivité de cet accord politique, à des élections libres et transparentes et à éviter toute nouvelle flambée de violence comme en septembre dernier.

Le programme Conseil de sécurité à Kinshasa

Rendez-vous à 7h du matin avec le Premier ministre Augustin Matata Ponyo, lui qui devrait être remplacé – au plus tard - dimanche soir. C’est la nouvelle date butoir donnée par les co-modérateurs de la majorité et de l’opposition représentée au dialogue national pour la formation du nouveau gouvernement issu de l’accord. Les membres du Conseil de sécurité rencontreront d’ailleurs des participants à ce dialogue, issus de la majorité comme de l’opposition.

Mais ils devraient également voir les évêques de l’Eglise catholique. Très sollicités, ils étaient vendredi partis rencontrer le président congolais Denis Sassou Nguesso. Très sollicités, car les représentants de la conférence ont entamé depuis plus de dix jours des consultations avec les acteurs de la crise congolaise en vue d’arracher un processus politique plus inclusif.

La délégation du Conseil verra aussi ceux qui ont refusé de participer à ce dialogue, le rassemblement de l’opposition et le MLC, des membres de la société civile dont le mouvement citoyen la Lucha.

Reste à savoir si les ambassadeurs auprès de l’ONU auront un tête-à-tête avec le chef de l’Etat, Joseph Kabila. Le rendez-vous a été demandé, il est en attente de confirmation, disait-on vendredi soir. Quoiqu’il arrive, ils s’exprimeront lors d’une conférence de presse en fin de journée. Une journée marathon pour écouter, mais aussi pour faire passer des messages, pousser à un processus politique plus inclusif pour éviter une nouvelle poussée de violences.

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