Tchad: nombreuses redditions d’éléments de Boko Haram en provenance du Nigeria

Les environs du Lac Tchad sont régulièrement la cible d'attaques de Boko Haram, comme ici à Ngouboua, en avril 2015.
© AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

Au Tchad, la région du lac Tchad enregistre depuis plusieurs semaines des redditions d'éléments de Boko Haram venant du Nigeria. Ces redditions sont la conséquence d'une stratégie militaire consistant à couper toutes les sources de ravitaillement aux insurgés.

Dans la cour d’un établissement public de Bagassola des dizaines de femmes, enfants et hommes sont assis à l’ombre des bâtiments. Ce sont des habitants de la région du lac Tchad, enrôlés il y a quelques années dans les effectifs de Boko Haram et qui ont décidé de faire reddition.

Pour des raisons de sécurité on l’appellera « Mady ». Il explique pourquoi lui et des centaines de ses compagnons ont décidé de regagner la légalité : « C’était difficile. Les conditions de vie étaient terribles. Nous avons marché plus de vingt-quatre heures avant d’arriver à Bargaram. C’est de là que nous avons lancé des SOS. Et l’armée est venue nous chercher pour nous transporter jusqu’à Ngouboua ».

Mais pour s’enfuir de Tumbu Boko, le camp de Boko Haram, il faut se faire discret, sinon on risque l’exécution, explique Alima. La jeune femme témoigne aussi sous pseudonyme : « C’est compliqué de s’enfuir. S’ils apprennent que vous voulez fuir ils vous tuent. C’est Dieu qui nous a ouvert les portes ». Ce sont plus de 500 personnes qui ont fait reddition depuis le mois de juillet. Selon les services de sécurité il faut s’attendre à d’autres ralliements dans les semaines à venir.

En attendant, les autorités locales essaient de faciliter le retour des anciens insurgés.
« Nous avons noué des contacts avec la population pour avoir des localités les plus décentes, qui ne jouent pas sur le moral de la population, parce que Boko Haram est revenu et pour qu’eux également – Boko Haram, bien connus – qu’ils ne soient pas gênés, parce que nous pouvons être l’objet d’attaques de la population », explique à RFI le préfet de Bagassola.

 

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