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Burundi

Burundi: les Imbonerakure ont marché dans les rues de Bujumbura

(Photo d'illustration) Les Imbonerakure, les jeunes du parti au pouvoir, sont considérés comme une milice par l'ONU.
© RFI

Les Imbonerakure étaient dans la rue dimanche 13 novembre à Bujumbura. Plusieurs centaines de personnes ont répondu à l'appel de la ligue des jeunes du parti au pouvoir CNDD-FDD, présentée comme une milice par l'ONU, à une marche en mémoire de six des leurs tués lors des manifestations contre le troisième mandat du président Nkurunziza.

C'est à Musaga, l'un des quartiers les plus en pointes durant la contestation du troisième mandat de Pierre Nkurunziza que la ligue des jeunes CNDD-FDD avait donné rendez-vous pour rendre hommage à six des leurs tués pendant les manifestations par des habitants excédés par la répression et les descentes de police.

« Un simple hommage, aucune volonté de provocation », assure Nancy Ninette Mutoni, chargée de la communication du parti et membre de la ligue des jeunes de la mairie de Bujumbura. « C'est dans le droit de ces jeunes qui ont organisé la marche de le faire aujourd'hui : c'était leurs frères, c'était leur sœur avec qui ils partageaient leur idéologie. Je pense que ça ne devrait pas offusquer les gens », explique-t-elle.

Il est fondé que la famille et les amis veuillent rendre hommage aux disparus, estime de son côté Me Armel Nyongere, l'un des responsables de la société civile en exil. Mais cet avocat qui représentent les familles des victimes de violences attribuées au pouvoir devant la Cour pénale internationale regrette un certain « deux poids, deux mesures ». « Nous aurions aimé que ces manifestations ne puissent pas concerner seulement la catégorie des Imbonerakure alors qu'il y a des dizaines de milliers de victimes qui ont disparu, qui ont été exécutées durant les manifestations de contestation du troisième mandat et il aurait fallu qu'on puisse faire une commémoration de toutes les victimes qui ont été observées durant ces manifestations », souligne-t-il.

Une commémoration bien improbable aujourd'hui au Burundi. Seules les manifestations organisées par les proches du pouvoir, relève Me Nyongere, sont autorisées.

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