Djibouti: l’affaire Borrel relancée par une plainte de la famille

Le juge Borrel, en compagnie de sa femme. Elisabeth Borrel raconte dans le livre «Un juge assassiné», paru le 10 octobre 2006 chez Flammarion, ses onze ans de combat pour connaître la vérité sur la mort de Bernard Borrel, assassiné en 1995, à Djibouti.
© (Photo : AFP)

Nouveau rebondissement dans l’« affaire Borrel ». Les avocats de la famille du juge français retrouvé mort en 1995 à Djibouti ont annoncé qu’une plainte pour « faux en écriture publique aggravé » a été déposée le 8 novembre dernier. En cause: la destruction en décembre 2014 des scellés contenant les objets retrouvés sur les lieux du crime.

Bernard Borrel est retrouvé mort le 19 octobre 1995, à 80 km de la capitale de Djibouti, son corps dévêtu est à demi carbonisé. Un briquet, un jerricane, son short et une sandale gisent à quelques mètres. Certains portent des empreintes ou des traces ADN qui n’appartiennent pas au magistrat français.

Lorsqu’en 2015 la cour d’appel demande des vérifications sur ces scellés, on s’aperçoit qu’environ 70 pièces ont été détruites par la justice un an plus tôt. La garde des Sceaux demande alors une enquête interne qui conclut à une « confusion » d’étiquetage : une mention indique qu’un non-lieu a été rendu dans cette affaire en 2003, ce qui est faux.

Selon Maître Morice, avocat de la famille Borrel, ce rapport est « confus », plein d’« incohérences », et la destruction de ces pièces pourrait être volontaire.Me Morice, l'avocat de la famille n'est pas convaincu. « Il y a tellement d'incohérences dans l'enquête qui a été effectuée par l'inspection générale des services judiciaires que nous avons demandé au garde des Sceaux un complément d'enquête. Nous n'avons jamais eu de réponse sur ce point, malgré des demandes réitérées, et c'est la raison pour laquelle nous avons directement déposé une plainte avec un caractère criminel puisqu'il s'agit de faux en écriture publique aggravé », explique-t-il.

Si les soupçons de la famille se confirment, il s’agirait alors d’une nouvelle tentative d’interférence dans ce dossier, souvent qualifié d’« affaire d’Etat ».

→(Re)lire: Affaire Borrel : qui joue à cache-cache avec la vérité ?

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