Burundi: le FIDH dresse un bilan macabre de la crise dans le pays

Des policiers et soldats patrouillent dans une rue de Bujumbura, le 3 février 2016.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama

Au Burundi, c’est un rapport-fleuve qui paraît ce mardi 15 novembre. La Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme (FIDH) et son partenaire burundais la ligue Iteka présentent à Paris un rapport intitulé « Répression aux dynamiques génocidaires ». Sur deux cents pages, les organisations détaillent de manière presque exhaustive la chronologie de la crise burundaise depuis les premières manifestations pacifiques contre le troisième mandat du président Nkurunziza en avril 2015. En s’appuyant sur la somme des rapports des Nations unies et des ONG, mais surtout sur de nombreux témoignages, elles dressent le bilan macabre d’un an et demi de répression.

Dans un Etat qui a pris un virage « totalitaire » et installé un « système de surveillance massif », selon le rapport, le plus précieux sont ces témoignages souvent recueillis dans la clandestinité. A travers ces voix, la Fidh dresse un bilan : plus de 1 000 morts en un an et demi de répression.

« Je suis allé dans mon salon, et j’ai attendu qu’ils me tuent », raconte un habitant de la capitale. Un survivant raconte la torture généralisée : « Du sang a coulé de partout, des yeux, de la bouche, du sexe. Ils ont cru que j’étais mort et m’ont laissé là ». Une terreur qui ne connaît pas de frontière : près de 310 000 personnes ont été forcées à fuir comme cette exilée qui dit recevoir des appels anonymes. « Ils me disent : on va vous mettre là où les autres sont allés ».

Quant aux arrestations, « nous avons arrêté de les compter », souffle l’un des derniers observateurs sur le terrain. Des centaines de personnes sont portées disparues. « Les enfants me demandent où est papa », témoigne la femme d’un opposant.

Les responsables sont désignés et les institutions internationales exhortées à réagir. Mais alors que la diplomatie échoue à renouer le dialogue et que Bujumbura coupe les ponts avec la communauté internationale, l’espoir d’une sortie de crise s’éloigne chaque jour un peu plus.

C'est des rapports qui sont tendancieux, ce n'est pas au service de la paix que ces rapports sont pondus. Mais ces rapports sont pondus tout simplement pour concrétiser ce qui a échoué en 2015, à savoir la déstabilisation du pays par le renversement des institutions démocratiquement élues.

Willy Nyamitwe
15-11-2016 - Par Esdras Ndikumana

Pour écouter le directeur Afrique de la Fidh, Florent Geel, invité d'Afrique soir: cliquez ici
Pour consulter le rapport de la Fidh, cliquez ici

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