Kenya: Amnesty dénonce le départ forcé des réfugiés du camp de Dadaab

Le camp de Dadaab, à l'est du Kenya, abrite encore plus de 200 000 personnes.
© TONY KARUMBA / AFP

Dans un rapport publié mardi 15 novembre, Amnesty International dénonce le retour forcé vers la Somalie des réfugiés des camps de Dadaab, dans l’est du Kenya. Il s’agit du plus grand ensemble de camps de réfugiés du monde, créé il y a plus de 25 ans pour accueillir ceux qui fuyaient la guerre civile somalienne. Le gouvernement kényan avait promis de les fermer fin novembre.

Selon Victor Nyamori, l’auteur du rapport d'Amnesty International, des officiels kényans menacent les réfugiés en leur disant que s’il ne quittent pas les camps d’ici fin novembre, ils ne bénéficieront plus de l’assistance au retour fournie par le Haut-Commissariat pour les réfugiés. Actuellement, l’agence des Nations unies donne 400 dollars à chaque Somalien souhaitant rentrer au pays : 200 au départ de Dadaab et 200 à l’arrivée à Kismayo, une ville de l’autre côté de la frontière, dans la province somalienne du Jubaland.

En mai dernier, le gouvernement kényan avait annoncé la fermeture définitive des camps d’ici le 30 novembre. Une date butoir qu’il avoue aujourd’hui ne pas pouvoir tenir. En effet, plus 200 000 personnes se trouvent encore à Dadaab. Et beaucoup craignent de rentrer en Somalie, où les combats continuent et où les infrastructures sont insuffisantes.

Pourtant, les départs se multiplient : 25 000 personnes sont rentrées en Somalie depuis le mois d’août, selon le HCR. « Mais personne n’a été forcé », assure Eric Kiraithe, le porte-parole du gouvernement kényan. Il ajoute que « le Kenya ne veut plus de ces camps et que tout sera mis en œuvre pour la relocalisation des réfugiés ». Il n’a toutefois pas donné de nouvelle date pour la fin du processus.

« Nous lançons une alerte mondiale pour que le Kenya renonce à ce projet dangereux pour les réfugiés et leurs familles, explique Jean-François Dubost,responsable du programme Protection des populations d'Amnesty International. Mais également pour que la communauté internationale prenne ses responsabilités en faisant pression sur le Kenya, mais aussi en protégeant et en accueillant sur son sol des réfugiés somaliens qui sont bloqués au Kenya et dont le Kenya ne veut absolument plus. Bien que le Kenya dise que c'est volontaire, tout est fait pour contraindre les personnes à quitter le camp avant le 30 novembre, ou alors elles seront abandonnées à leur sort, et probablement renvoyées de force. La communauté internationale ne peut pas encore une fois devant un drame touchant rester impassible. C'est fondamentalement contraire au droit international et aux valeurs qui ont présidé à la Déclaration universelle des droits de l'homme. »

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