CPI: devant la 15e assemblée, Fatou Bensouda évoque le malaise des Africains

Fatou Bensouda lors de sa prestation de serment à la Cour pénale internationale de La Haye, le 15 juin 2012.
© AFP/BAS CZERWINSKI/ANP

C’est peut-être la dernière Assemblée des Etats parties au Statut de Rome à 124. Les pays membres de la Cour pénale internationale (CPI) ont entamé une semaine de débats à La Haye, un rendez-vous annuel. Objectif : faire un bilan des activités de la Cour et valider son budget. Mais cette année cette Assemblée se déroule dans un contexte particulier depuis l’annonce du retrait de trois pays africains : le Burundi, l’Afrique du Sud et la Gambie.

Lors de cette Assemblée des Etats parties, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a pris la parole. Elle a d’emblée évoqué le malaise des Africains vis-à-vis de la Cour. Elle regrette évidemment ces trois départs qui, selon elle, éloignent le monde de l’objectif d’une planète plus juste, de l’objectif d’une justice universelle.

C’est une préoccupation, évidemment pour la Cour, depuis que le continent africain est traversé par des critiques très fortes contre une justice jugée néocolonialiste. Un fait qu’elle dénonce également, en accusant par exemple les Etats-Unis avant-hier d’avoir commis des crimes de guerre en Afghanistan.

« Ne partez pas »

Mais elle n’est pas la seule à avoir pris la parole. Le président de l’Assemblée des Etats parties, le ministre de la Justice du Sénégal, a envoyé un message solennel à ces trois pays : « Ne partez pas. Nous avons entendu vos critiques, elles sont légitimes. Il faut circonscrire cette crise. »

De son côté, le commissaire aux droits de l’homme des Nations unies Zeid Ra'ad al-Hussein a parlé de sa tristesse, mais a évoqué ces départs comme juste une manière, selon lui, de protéger les dirigeants de ces pays contre d’éventuelles poursuites. Il insiste surtout sur le nombre de pays africains parmi les 34 qui désirent continuer à faire partie de la Cour pénale internationale.

►A (RE)ECOUTER : La Cour pénale internationale contestée en Afrique: analyse de Me Sidiki Kaba

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