Pré-rapport de l’UA sur l’élection gabonaise: les premières réactions

Libreville, le 27 août, jour de dépouillement.
© STEVE JORDAN / AFP

Exclusivité: RFI a obtenu un pré-rapport écrit par les observateurs de l'Union africaine venus au Gabon durant le processus électoral. Ils avaient assisté à la vérification des procès-verbaux par la Cour constitutionnelle. En effet, l'opposant Jean Ping, battu par le président Ali Bongo, contestait les résultats et accusait le pouvoir de fraude, de falsification des PV. Dans leur document, les observateurs africains parlent de PV « invraisemblables » pour la province du Haut-Ogooué, où le chef de l'Etat avait obtenu 95% des voix. Des PV « si bien rédigés, ordonnés, dont la lisibilité est si nette qu'elle suscite des interrogations ». Des révélations qui suscitent des réactions.

La quasi-perfection des procès-verbaux du Haut-Ogooué n'étonne pas côté Jean Ping. Pour son porte-parole, ça explique pourquoi la Cour a refusé de les comparer avec les PV de l'opposition qui selon elle, donnaient Jean Ping vainqueur.

Pour Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, les magistrats savaient bien qu'ils avaient en main de faux documents. Des PV qui ont suscité les doutes des experts de l'UA. Pour autant, malgré ce rapport, le président de l'organisation, Idriss Déby, est venu à Libreville féliciter Ali Bongo. Désormais, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi pointe l'institution du doigt : « Ce qu’il y a d’intéressant dans ce document, c’est qu’il nous renseigne sur ce que devient l’Union africaine. On a le sentiment qu’ils se sont comportés comme une institution qui œuvre pour le maintien des dictatures en Afrique. L’UA a enterré ce rapport qu’elle a reçu. »

Côté pouvoir, on balaye les soupçons. Le ministre d'Etat et avocat Francis Nkéa estime que ce pré-rapport est un brouillon sans valeur juridique, susceptible d'avoir été manipulé. Lui qui avait défendu le dossier d'Ali Bongo devant la Cour, émet d'ailleurs des doutes sur le travail des observateurs. « Un rapport qui est fait par des juristes ne peut pas reprocher aux PV leur perfection. Il devrait plutôt féliciter les scrutateurs de la province du Haut-Ogooué. Pour le droit, la manipulation c’est l’imperfection, c’est l’irrégularité », déclare-t-il.

Des arguments que rejoint le président de la Commission électorale. René Aboghé Ella trouve curieux que l'on critique les agents électoraux quand ils font bien leur travail.

→ A (re)lire : [Exclu RFI] Election gabonaise: quand les experts de l'UA expriment leurs doutes

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