En Afrique du Sud, la redistribution des terres est une bombe à retardement

En arrivant au pouvoir il y a 22 ans, l’ANC a promis de redistribuer à la majorité noire 30% des terres détenues par les blancs. Aujourd’hui moins d’un tiers de ce qui a été promis a été transféré.
© Waldo Swiegers/Bloomberg via Getty Images

En Afrique du Sud, plusieurs personnalités ont appelé le gouvernement à accélérer sa réforme agraire face au mécontentement grandissant de la population quant à la redistribution des terres. Cette semaine le leader du parti d’opposition, les Combattants pour la liberté économique, a de nouveau appelé la population à s’approprier les terres agricoles du pays. Pour Julius Malema, la politique de redistribution du gouvernement est un échec. La minorité blanche détient encore la vaste majorité des terres.

La contestation gronde. Pour la 3e fois cette année Julius Malema a appelé à s’emparer des terres agricoles. « Nous allons reprendre nos terres, a-t-il lancé à ses partisans, peu importe comment. C'est devenu inévitable. » Pour l’ancien président adjoint de la Cour constitutionnelle Dikgang Moseneke, si le gouvernement n’accélère pas son programme de redistribution il pourrait faire face à une révolte : « Nous faisons quasiment face à une révolte en raison du mécontentement que génère l’accès à la terre. Il existe de vraie injustice dans ce pays. »

En arrivant au pouvoir il y a 22 ans, l’ANC a promis de redistribuer à la majorité noire 30% des terres détenues par les blancs. Aujourd’hui moins d’un tiers de ce qui a été promis a été transféré. Pas suffisamment de vendeurs, des prix trop élevés, pour Ben Cousins, de l’université au Cap Occidental, Julius Malema cristallise la frustration des plus pauvres. « Il est une indication très claire que la population est mécontente et qu’elle est prête à envisager d’occuper illégalement des terres comme solution. Le processus du gouvernement a été très lent, quasiment inefficace. Et cela n’a ni réduit la pauvreté, ni généré de revenu. »

En début d’année, le Parlement a voté une loi clé autorisant l’expropriation de la terre, avec compensation, s’il y a intérêt public.

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