Municipales au Mali: certains bureaux de vote n'ont pas pu ouvrir

Un électeur vote dans un bureau de Bamako, mais, dans certaines parties du territoire malien, les électeurs n'ont pas pu se rendre au scrutin des municipales, ce 20 novembre 2016.
© REUTERS/Adama Diarra

Plus de sept millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour élire leur maire et leurs conseillers municipaux. L'opposition ainsi qu'une frange des groupes armés du Nord dénoncent un scrutin dans un contexte sécuritaire dégradé et surtout sans la participation d'une bonne partie des réfugiés exilés depuis la crise de 2012. Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche 20 novembre au matin, mais pas dans tout le Mali.

Les ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA) ne permettent pas l'organisation du vote dans les zones qu'ils contrôlent, à commencer par leur fief, la ville de Kidal. Un blocage politique : la CMA estime que ces élections sont organisées dans des conditions qui violent l'accord de paix signé avec le gouvernement.

Ailleurs dans le pays, le vote est organisé. Les bureaux sont notamment ouverts dans les villes de Gao et Tombouctou. En revanche, la situation est plus difficile en brousse dans le Nord, où de très nombreux bureaux n'ont pas pu ouvrir. Dans le centre du pays enfin, les conditions sécuritaires et la menace terroriste empêchent le vote de se dérouler normalement. Plusieurs localités sont privées d'élections dans la région de Mopti, et en particulier dans le cercle de Tenenkou.

Une élection plus transparente

Le ministère malien de l'Administration territoriale n'a pas souhaité, à ce stade, donner de précisions sur le déroulement du scrutin. Il s'agit des premières élections municipales maliennes au suffrage universel. Jusqu'à présent lors des communales, lors des municipales, les Maliens élisaient des conseillers, qui à leur tour choisissaient le maire. Désormais, les Maliens élisent directement leur maire et la liste qu'il conduit.

Une nouveauté qui doit mettre un terme à certaines pratiques douteuses. « Ça contribue effectivement à assurer le respect de la volonté des électeurs et surtout, à éviter les pratiques de corruption. Tout le monde s’en plaignait. Après l’élection des conseillers communaux, on assistait à toute sorte de marchandages qui avaient pour effet notamment de détourner le suffrage. Là, l’électeur se trouve directement pour mettre en place le maire », estime Brahima Fomba, professeur de droit constitutionnel à l'Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB).