L’Eglise du Rwanda demande pardon au nom des chrétiens impliqués dans le génocide

L’église de Ntarama où 5 000 personnes ont été tuées lors du génocide au Rwnada en avril 1994.
© Majority World/UIG via Getty Images

L’Eglise catholique du Rwanda a une nouvelle fois demandé, ce dimanche 20 novembre, pardon « pour tous les chrétiens » qui ont été impliqués dans le génocide en 1994 dans une lettre signée par les évêques du pays. Le rôle de l’Eglise dans le génocide est controversé. L’institution a été à plusieurs reprises mise en cause pour sa proximité avec le régime hutu extrémiste de l’époque et pour l’implication de prêtres et de religieux dans les massacres qui ont fait en à peine 100 jours à partir d’avril 1994 environ 800 000 morts essentiellement parmi la minorité tutsi. L’Eglise catholique rwandaise avait déjà formulé de telles excuses en l'an 2000.

La lettre des représentants des neuf diocèses du Rwanda a été lue ce dimanche dans toutes les églises du pays à l’occasion de la fin du Jubilé de la miséricorde. « Nous demandons pardon pour tous les chrétiens qui ont été impliqués dans le génocide », a expliqué lundi à RFI l’évêque Philippe Rukamba le président de la Conférence épiscopale rwandaise. Ce dernier a toutefois précisé qu’il s’agissait d’une demande de pardon pour des individus et non pour l’Eglise en tant qu’institution. « L’Eglise n’a pas participé au génocide », a-t-il estimé.

Tueries de masse

Au Rwanda entre avril et juillet 1994, de nombreuses églises catholiques furent le théâtre de tueries de masse. Les miliciens hutus y trouvant leurs victimes rassemblées, parfois par des prêtres qui les livraient ensuite aux tueurs. Le gouvernement rwandais actuel accuse notamment l’Eglise d’abandon pendant le génocide, d’avoir couvert des crimes et d’avoir pleinement participé à la mise en place de l'idéologie coloniale qui a créé un clivage entre Hutu et Tutsi, ayant in fine abouti au génocide.

Pour moi, ça favorise la réconciliation, si vous avez commis des fautes vous devez demander pardon...
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21-11-2016 - Par Stéphanie Aglietti