RCA: nouvelles violences à Bria entre deux factions de l'ex-Seleka

Hôtel de ville de Bria, RCA, le 11 mars 2015.
© RFI/Pierre Pinto

La ville diamantifère de Bria, à l’est de la République centrafricaine a été lundi 21 novembre le théâtre d'affrontements entre deux factions de l'ex-Seleka : d’un côté l'UPC composée majoritairement de Peuls, de l’autre, le FPRC composé de Goulas. Le bilan serait d’au moins 11 morts, selon les groupes armés. Les violences risquent de s'étendre à d'autres villes, notamment Bambari, où les deux factions sont implantées.

Des corps jonchaient toujours mardi 22 novembre les rues de Bria, témoignant des violents combats de la veille et de la peur qui empêchait les habitants de sortir les ramasser.

Selon une source humanitaire, au moins 5 000 personnes ont trouvé refuge aux abords de la base de la Minusca. Cette base a pourtant été prise pour cible la veille par le FPRC qui accuse les Casques bleus d'avoir mortellement touché l'un de leurs principaux chefs, le général Yaya Scout.

Ce jour-là, plusieurs heures durant, Bria a résonné aux bruits des armes de guerre, conséquence de plusieurs jours, voire de plusieurs semaines, de tensions entre Peuls membres de l'UPC et Goulas du FPRC.

Un accord qui vole en éclat

La semaine dernière, les notables musulmans de Bria avaient conduit une médiation et étaient parvenus à leur faire signer un accord, au terme duquel les deux mouvements s'engageaient à retirer les renforts qu'ils avaient fait venir. Mais lundi, l'accord a volé en éclat : UPC et FPRC se rejetant la responsabilité des violences.

Ce mardi, le FPRC disait tenir la ville alors que l'UPC affirmait que certains quartiers étaient sous son contrôle, chacun assurant recevoir des renforts d'autres villes, qui pourraient à leur tour être contaminées par cette violente rivalité.

Dans le viseur : Bambari, fief d'Ali Darass, le chef de l'UPC. Le FPRC y est présent. Tout comme les anti-Balakas qui observent leurs ennemis s'entredéchirer.