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Sommet de la Francophonie: cacher la pauvreté à Madagascar

Dans le Centre d'appui aux familles en difficulté ouvert il y a à peine une semaine dans le quartier d'Isotry, Cédric, Tanjona et leurs nouveaux amis montrent leur natte et la place à laquelle ils dorment, au milieu de 150 autres personnes.
© RFI/Sarah Tétaud

«Cachez cette pauvreté que je ne saurais voir». Tel pourrait être le credo d’Antananarivo, capitale de Madagascar, qui accueille en ce moment le 16ème Sommet de la Francophonie. Depuis une semaine, les nuits sont animées par d’étonnants ballets de camions bennes de la Commune urbaine d’Antananarivo. A l’intérieur, pas de détritus, mais des familles de sans-abris, que l’on s’empresse de regrouper dans des centres d’accueil, en ville ou en périphérie, à l’abri des regards. Une initiative assumée par les autorités.

Au milieu d’une ruelle de l’un des quartiers les plus pauvres d’Antananarivo, une nuée d’enfants. Nous sommes devant l’un des trois centres d’appui aux familles en difficulté de la capitale. Tanjona, 8 ans et Cédric, 13 ans font partie des 150 personnes à être arrivées il y a quelques jours. « Moi, j’ai longtemps dormi sous le tunnel, explique à RFI Tanjona. Mais la semaine dernière, en pleine nuit, on nous a transportés dans un camion et on nous a fait descendre ici. »

« La nuit, les gens font du bruit, poursuit Cédric. Il y a des gens partout par terre. Mais moi, je préfère dormir ici plutôt que dehors, surtout quand il pleut… ». Le centre, qui a ouvert il y a une semaine à peine, est géré par le ministère de la Population. « A cause du Sommet de la Francophonie, on cache les pauvres pour donner une belle image de Madagascar au reste des pays étrangers », s'agace un habitant du quartier. Et il n'a pas tort. Au ministère de la Population comme à la mairie d’Antananarivo, on parle « d’assainissement et de sécurisation de la ville ».

« Il n'y a rien pour eux à Tana ! »

« Pour que les gens qui viennent à Madagascar aient un minimum de sécurité, il fallait vraiment tout nettoyer, explique à RFI, Jean-Gabriel Harrison est le premier adjoint au maire. On essaie de reloger ailleurs les enfants des rues. Ce sont des marginaux. Il n’y a rien pour eux à Tana. S’ils continuent à vivre ici, ils sont condamnés ! Donc il faut travailler à moyen et à long terme pour que ces gens-là redeviennent des humains. »

Enfants ou adultes, qu’ils soient déplacés, même en périphérie, tous reviennent dès le lendemain dans le centre-ville. La stratégie des autorités pour réduire le nombre de mendiants en ville ne semble donc pas fonctionner. On estime aujourd’hui que plus de 1000 familles vivent dans les rues de la capitale.

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