Indigné par la présence du Front Polisario, le Maroc quitte le sommet de Malabo

Le Maroc a quitté le sommet de Malabo afin de protester contre la présence d'une délégation du Front Polisario (ici, une Sahraouie avec un drapeau du Polisario au camp de Dakhla).
© Farouk Batiche / AFP

Le conflit du Sahara occidental menace le sommet afro-arabe qui s'est ouvert ce mercredi matin pour deux jours. Il a lieu à Malabo en Guinée Equatoriale, mais hier soir le Maroc, suivi de huit autres pays arabes, dont l'Arabie saoudite et les Emirats, se sont retirés de cette rencontre pour protester contre la présence du Front Polisario. Cela n'a pas empêché le sommet de s'ouvrir ce matin et des négociations ont lieu pour contenir la situation.

Soixante pays devaient participer à ce quatrième sommet afro-arabe, mais, tard dans la soirée de mardi, alors que se tenaient les réunions ministérielles préparatoires, le Maroc a diffusé un communiqué annonçant son retrait du sommet.

Il a été rapidement suivi de huit autres pays arabes dont l'Arabie saoudite, qui doit organiser le prochain sommet, et les Emirats, mais aussi la Somalie. Ces neuf pays protestent contre la présence d'une délégation du Front Polisario à cette rencontre, rejoignant ainsi la position du Maroc qui considère le Polisario comme illégal.

Le Maroc considère le Sahara occidental comme faisant partie intégrante de son territoire. Une position soutenue par les pays du Golfe, soutiens classique du royaume chérifien.

Le Maroc, gros investisseur en Afrique a pris cette décision pour protester « contre la présence de l'emblème d'une identité fantoche dans la salle des réunions ». Le royaume reproche au sommet de ne pas respecter la décision prise en 2013 que seuls participent aux travaux des pays membres des Nations unies. Or, le Polisario n'est pas membre de l'ONU, seul l'Union africaine le reconnaît, et jusqu'à présent il n'avait jamais pu participer à ces réunions.

Le retrait de ces neufs pays risque de fragiliser le sommet de Malabo et complique surtout la tâche du Maroc qui a demandé récemment à réintégrer l'Union africaine. Pourtant ce sommet devait être initiateur d'espoir, il devait tisser plus de liens et de dialogue, une coopération économique entre les pays arabes et africains. Certains pays ont tenté des médiations, sans réussir. De quoi compliquer la tâche du Maroc qui a demandé récemment à réintégrer l'Union africaine. Rien ne sera résolu sans un vrai dialogue avec l’Algérie voisine.

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